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LA PROCLAMATION DE MILAN, 21 MAI

« engourdi par plusieurs siècles d'esclavage, tel sera « fruit de vos victoires K »

Ces menaces ne devaient pas rester vaines. Tandis que Beaulieu reformait son armée en Autriche et que Mantoue fermait ses portes, Bonaparte songeait à donner satisfaction aux prétentions directoriales, tout en assurant et en renforçant sa situation stratégique. Marcher sur Naples eût fort agréé au Directoire. Mais il ne convenait pas au jeune général de faire vingtcinq jours de marche dans les mois de juillet et d'août (' pour chercher la maladie et la mort- », tandis que Mantoue n'était pas prise ni Beaulieu détruit; il signa donc, à Brescia, le 5 juin, une trêve avec l'envoyé de Naples, prince de Belmonte-Pignatelli. Occuper les légations, au contraire, c'était donner satisfaction aux politiques de Paris, qui le faisaient surveiller par Salicetti et Garrau, en punissant « l'assassin de Basseville » ; c'était surtout occuper une situation stratégique incomparable, d'oii l'on domine à la fois la plaine du Pô et la Péninsule, d'oîj l'on menace à la fois Venise et Milan d'une part, et, de l'autre, Florence, Bome et Naples. Aussi, après avoir passé quatre jours à Tortone à apaiser l'agitation paysanne (13-17 juin), Bonaparte occupa-t-il, sans combat, du reste, Fort d'Urbin et Bologne, Ferrare et Ra venue, Imola et Faenza^ (18-23 juin).

Plus effrayé encore qu'au mois de mai, le pape recourt immédiatement, cette fois, aux bons offices du chevalier d'Azara. Celui-ci part aussitôt avec le marquis Gnudi pour arrêter Bonaparte, lui portant en présent, de la part de Pie VI, une tête de marbre d'une merveilleuse beauté. Bonaparte feint de n'être point sensible à la flatterie du Souverain Pontife; il accueille les ambas-

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