LE PAPE ET BONAPARTE EN
poste, mais il repousse le plan de défense que lui propose le marquis Romlinelli, commandant du fort <rUrbin et refuse d'armer la population, ainsi que le lui proposent le marquis Bevilacqua et le comte Gremona de Ferrare '. Le 7 mai, Bonaparte reçoit du Directoire l'ordre de partager son armée en deux corps et de filer sur Rome, puis sur Naples, après avoir laissé Kellermann en Lombardie. Le 9 mai. Pie VI apprend la terrible nouvelle au moment où il arrive « aile « paludi », précédé du prince Auguste d'Angleterre 2. Il suit le premier conseil qui lui est offert par un certain Bartolucci et dépêche à Milan un marchand, nommé Bottoni, afin d'apaiser les Français ; un marchand de Gènes a laissé entendre à ce dernier que la chose est possible et qu'il n'en coûtera que 5 ou 6 millions. Puis Pie VI se ravise : Zelada, blessé de n'avoir pas été consulté en d'aussi graves conjonctures, a donné sa démission. Avec son nouveau secrétaire, le cardinal Busca, le pape se sent isolé ; il a recours au ministre d'Espagne, le chevalier d'Azara, et lui demande d'interposer la médiation de son maître ; en même temps il rappelle Bottoni et dépêche à sa place, en qualité de ministre plénipotentiaire, le marquis Gnudi.
Toutes ces démarches étaient inutiles. Bonaparte ne pouvait, divisant son armée et abandonnant la lutte contre l'Autrichien, renoncer à la gloire et à l'avenir. Il offrit sa démission au Directoire; il refusa de suivre l'ordre qui lui avait été donné, et le Directoire céda Bonaparte garda son armée, instrument de sa fortune, le Pape en fut quitte pour la peur... et les menaces; on lisait, dans la proclamation de Milan du 21 mai 1796 (2 prairial IV) : « Que ceux qui ont aiguisé les poignards « de la guerre civile, qui ont lâchement assassiné nos « ministres... tremblent... Réveiller le peuple romain