‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 410 sur 579 · INFLUENCE DE LA BANQUE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA BANQUE

accroître la frappe des assignats et multiplier les ventes de biens nationaux^ le livre pieds et poings liés à une compagnie financière, toute-puissante maîtresse du marché? ne semble-t-il pas que le syndicat de spéculateurs qui joua sur les cédules, malgré Visconti, et se vengea, par le coup d'état de septembre, de sa défaite de juillet, se sente aujourd'hui plus fort que jamais avec l'appui de Bertolio et accapare, cette fois enfin, le gouvernement de la République et la direction des affaires? Abandonnant aux Jacobins naïfs, aux patriotes crédules, comme un os à ronger, le soin de persécuter à leur guise nobles et prêtres, quelques spéculateurs positifs auront gardé pour eux la réalité du pouvoir, jouissant, sinon des honneurs qu'il procure, du moins des profits qu'il rapporte.

Ce qui tendrait à le faire croire, c'est le sans-gêne avec lequel le gouvernement consulaire qu'ils soutiennent et qui les soutient traite les naïves assemblées et arrache aux administrations locales les maigres recettes qu'elles ont su recueillir. A l'instigation de la Turquie, les Beys barbaresques ont déclaré la guerre à la République romaine-. Le Tribunat prend prétexte de cet incident: et, le 13 janvier, il demande au Quirinal un tableau exact des forces de terre et de mer de l'état romain. Le 14, le consulat répond qu'il a donné des ordres en conséquence. Le 25, le Tribunat demande qu'on lui communique un état exact des sommes qui sont en caisse: le Quirinal demande quinze jours pour répondre — que les tribuns accordent. — Le 12 février, ne voyant rien venir, ils font instance au Quirinal, et voici ce qu'on leur répond par un message : « L'obser- « vation que vous faites que les quinze jours sont écou- « lés est minutieuse; la responsabilité que vous rejetez « sur le ministre est inopportune ; nous prenons des « renseignements. »

CoUesione, IV, 22.

Gf; CUaiiipionnet au consulat, (5 févriet {Arcliivio,iO)l

La commission tribiinicienne se fâche de ces impertinences : « Il y a bien, conclut-elle, à une accusation formelle contre le pouvoir exécutif quand son indolence ou sa malice donne lieu aux dilapidations visées dans l'article 116 de notre constitution... Représentants du Peuple ! Pitt ne s'est jamais moqué de l'autorité royale comme le ministre de la Guerre se moque de l'autorité consulaire. Représentants du Peuple! George IV n'a jamais écrit sur ce ton à la malheureuse chambre des Communes et à la malheureuse chambre des milords et des évoques. Représentants du peuple! Montrez-vous dignes de la liberté et de la Constitution qui vous a été confiée par la nation française. Vous avez deux façons de le faire ; ou bien vous taire, en effet, et protester devant les hommes et l'Etre suprême que vous ne pouvez faire aucun bien; ou bien parler et réduire au devoir ceux qui s'éloignent de la voie constitutionnelle et ne font pas encore goûter au peuple les fruits de notre démocratie ^)) Et la Commission conclut en proposant au Tribunal un message de blâme, rejetant sur les consuls toutes les responsabilités. — Le Quirinal n'en a cure et riposte par la loi du 3 mars'-; il proroge le régime d'exception et refuse de faire procéder aux élections pour remplacer les vingt-quatre tribuns qui doivent sortir le 1" pratile. De même il ne tient aucun compte des plaintes réitérées que ces mêmes tribuns lui adressent au sujet des dilapidations commises par les commissaires départementaux-^; il refuse de sanctionner la loi qu'ils ont faite et qui permet d'acheter les biens nationaux avec des assignats'*; et il décide de les affermer au profit, sans doute, de ses bailleurs de fonds ou de leurs hommes de paille^.

1. « Rapnorto délia commissione lie fmanze del Tribunato sul messagglo consolare uel 24 piovoso anno VU, reiativo allaguerra, marina [Archivio, 29);

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