‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 415 sur 579 · Sala, ni · texte numérisé non relu

Sala, ni

406 LÉS DILAPIDATEÛRS

On ne veut pas non plus parler en détail de tontes les rapines particulières dont s'accompagnent les exigences officielles : on ne saurait pourtant les passer tout à fait sous silence. « Beaucoup d'hommes, écrit Cham- '( pionnet au Directoire, le 28 janvier i, qui arrivent « en foule de la Cisalpine et de la Romagne, où ils - « ont fait l'apprentissage du brigandage, viennent avec j « des principes opposés ; mais les miens sont inébran- « labiés ; et, dussè-je être la victime de leurs intrigues, (( je saurai vous prouver que je me suis rendu « digne de votre confiance. » De fait, il semble bien que Ghampionnet, quoiqu'il ait accueilli Bassal, soit demeuré honnête; son attitude pendant l'invasion napolitaine, sa belle proclamation de Nepi attestent que, s'il y a quelque déclamation dans son attitude, on y doit admirer aussi de la noblesse et de la grandeur.

Il obtient de ses soldats, dont les Napolitains, à Otricoli, ont massacré les compagnons, qu'ils épargnent leurs prisonniers. Il refuse, en leur nom, les 5 millions que le consulat leur a donnés : « Tous les chefs « de corps, lui écrit-il le 19 février -, au nom de leurs « frères d'armes, viennent me déclarer que leur plus « chère récompense se trouve au fond de leur cœur et « que la liberté qu'ils ont rendue au peuple romain les « paye, avec usure, de toutes leurs peines et de leurs « souflrances. » On ne saurait donc s'étonner qu'il ait mené une guerre implacable contre ces bandits qui suivaient l'armée, spéculaient sans risques sur le besoin qu'elle avait de leurs services et souillaient ses victoires de leurs rapines. Le 28 janvier, Ghampionnet écrivait au consulat : « Je vous invite à prévenir vos « concitoyens de se tenir en garde contre le brigandage « qu'il est temps de faire cesser, et je vous prie de « désigner au commandant de la place ceux qui conti- « nueraient à s'y livrer pour les faire arrêter et juger

Page 1