‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 418 sur 579 · Collezione, IV · texte numérisé non relu

Collezione, IV

8. (ialimberti, 25 février. Sciout, IV, 59-60. Voici l'avis de Girardin, aigri sans doute par l'ingratitude dont on a payé ses beaux services dans le Circeo;

DlsaRACEi DE ClIAMPlONNEï. — ^ PLANTA

triomphait à Rome : ce général gêneur était enfin parti, le cours des affaires allait reprendre, comme jadis. Tandis que les patriotes occuperaient la galerie et se duperaient eux-mêmes en vengeant le peuple romain des ennemis infâmes de la Raison et de la Liberté, toute la bande des politiques réalistes, forte de l'appui secret de Rcrtolio ' et de la bonne volonté du Directoire, dont elle nourrissait les armées, continuerait d'opérer dans la coulisse et de se remplir l'escarcelle.

Le 9 mars 1799, le successeur de Brémond au ministère de la Guerre, Planta, écrivait à Giustiniani, ambassadeur de la République à Paris pour lui annoncer la fin des diverses insurrections'-. 11 ajoutait, en manière de post-scriptum, de sa propre main : «. Je désirerais « pouvoir me convaincre que les mains du Toiit-Puis- « sant qui tiennent le fil de nos destinées fussent con- « duites par un cœur bienfaisant pour nos pauvres (( gens : si cela était, je hasarderais quelque démarches « pour faire en sorte que le voile que je dois chrôtien- « nemcnt supposer couvrir beaucoup d'iniquités à leurs « yeux fût enfin déchiré ! S'il en est autrement, ils « seront mieux instruits que nous ne le sommes. Je (( vous parle avec franchise, citoyen ambassadeur. « J'avais vu jusqu'à présent les choses au dehors. « Maintenant que je les vois à l'intérieur, j'en demeure « épouvanté. Il y a cependant encore des remèdes, « mais il nous faut une main bien intentionnée pour « les administrer, et surtout un véritable amour pour « l'humanité en général et pour ce peuple en particu- « lier. Faites-moi donc savoir si je puis parler clairece ment, sans autre risque que celui de m'attirer la « haine des intrigants, ce qui m'importe peu, ou, au « pis aller, celui de perdre mon poste, ce qui m'importe

il écrit à Zaccaleoni, le 2 mars: « Sapete il grau cambiaiiiento fatlo in nostro | stato niaggiore générale: desidero che tutto siaper il bene ; in cioche tocca me, mi fermo al mio posto senza intrigarmi per me ne per l'altro, perché délie due parii ho vediito l'odio. l'ambizione e so))ratiittn l'ingiiistizla. »

1. Le 18 février, le bruit avait couru à Rome que BerloHo était destitué.

X\ Alï. ctrang. MJiuuires et Documents, Italie, XV, l'J ventOse VII.

« encore moins. Toutes ces réflexions seront peut-être <( mal écrites en italien, mais elles sont bien senties « en français par un homme qui a honte de voir la (( gloire de la grande nation sa mère avilie par les « excès de quelques indignissimes Français (sic). »

Durant les trois mois qui ont suivi l'invasion napolitaine, le gouvernement consulaire n'a pas su réorganiser l'état. Contre ses ennemis intérieurs, il a su seulement organiser la persécution; au profit de ses amis, il a organisé le pillage, avec la complicité des Français, dont il a fait vivre les troupes. Faut-il s'étonner, après cela, du spectacle que présentent la Campagne romaine, la Montagne apennine, les Marches adriatiques ? Sans doute, on accorde enfin aux réclamations instantes des communes la liquidation des créances qu'elles ont sur la défunte compagnie des Munitionnaires^, ou sur les confraternités supprimées dont a hérité l'Etat-. Sans doute encore, on autorise et on règle les recours des particuliers contre l'emprunt forcé-' et contre les réquisitions militaires'*: ce sont des progrès dont il est juste de tenir compte. Mais le grand mal subsiste : la politique centraliste du Quirinal, la mise en coupe réglée des départements, le drainage à Rome de toutes les ressources de ces malheureux pays. Si les commissaires départementaux qui ont surveillé (?) cette exploitation fiscale sont enfin supprimés"', on met en vente sur tout le territoire romain 400.000 écus de domaines nationaux'*, et l'on interdit à tous les questeurs, sous peine de destitution, d'obéir aux ordres des Administrateurs locaux et de payer les dépenses locales' : aussi voit-on que partout et par tous les

1. 2 février 1799. Collezione, III, 444. Cf. loi du l" novembre, III, 18;{. Sur la liquidation des créance» communales sur 1 année française. Cf. Collezione, III, 378, l:^ janvier.

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