PRISE DE TOLFA
aussitôt prise, Merlin se retourne contre Tolfa'. Le 13 au soir, il envoie, sous le commandement de Guiilaumin, une colonne de 600 hommes occuper Santa Severa à sa droite, d'où il fermera la retraite aux insurgés; tandis que Vuillermé, avec 500 hommes, occupe la vallée du Mignone, d'où il se portera sur le petit pays rebelle des <( Allumiere » : lui-môme, avec 400 hommes, doit marcher sur l'ennemi encadré entre les deux colonnes qui opèrent sur ses flancs. Le 14, à six heures du matin, les trois petites troupes s'ébranlent, refoulant l'ennemi devant elles : la droite et le centre ne rencontrent pas de résistance; la gauche, arrêtée un moment aux « Allumiere «, emporte bientôt ce village et rejoint enfin les deux colonnes devant Tolfa. Mais ici la lutte est acharnée : les brigands se fortifient dans les fermes et le château : « Parvenu sur le plateau du village (le « soldat) veut s'élancer : mais toutes les maisons « servent de retranchements; des croisées, des toits « môme, des coups de fusil et de tromblon font un feu (( terrible; le soldat avancé ne recule point... » ; il met le feu aux maisons pour en chasser ses adversaires ; le grenadier Fleurquin arrache un drapeau d'une fenêtre sous une grêle de balles; on voit « au milieu « des flammes, sur des toits prêts à s'abîmer, des for- « cenés avoir l'air d'être insensibles à la douleur et ne « cesser de se servir de leurs armes qu'en disparaissant « avec le faîte des maisons^». Et, jusqu'au milieu de la nuit, les rebelles tirent du haut du château : le lendemain, ils en sont à la fin chassés; on fusille tous les hommes pris les armes à la main; on pille le village et on le brûle.
Le 21 mars, les troupes de Merlin rentrent à Rome,