‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 437 sur 579 · UN COMPATRIOTE DE FRATE PACIFICO · texte numérisé non relu

UN COMPATRIOTE DE FRATE PACIFICO

« Castellano sous les veines * de Saint-Georges et de « Saint-Marc..., parmi le vert et le jaune des châ- « teigners, sous les masses cendrées des rocs énormes, « s'ouvrent en méandres repliés des fentes pro- (( fondes, d'effrayantes cavernes, retraites naturelles « des bêtes féroces à tête humaine. A Gastel Trosimo, (i les fentes des rochers forment des souterrains qui « permettent de se réfugier des maisons du château « dans les profondeurs du lit du fleuve. Une des grottes « de la veine de Saint-Marc, en forme de coupe et force mant une fontaine des eaux qui tombent... est appe- « lée,en raison de son horreur sauvage A^07>. ni'arrivedè « (on ne me voit pas deux fois : non mi rivedere). » Tout ce pays se couvre de bandes; les paysans « ont « pour armes ou des faux, ou des haches, ou des « fourches, ou des fusils de chasse ; ils ont pour « enseignes des croix ou des madones; ils s'éparpillent « à travers champs, parmi les bouquets darbres, au « milieu des monlagnes : ils se rassemblent et forment « des troupes immenses pour assaillir les terres, les « châteaux, les bourgs. Le plus hardi en devient le « chef; c'est là un prêtre ou unafrate » ; ici un paysan « ou un soldat ; ils volent, massacrent, saccagent, « incendient, sans règle, sans pitié, jetant partout (( l'épouvante par des actes d'une férocité bestiale- ». Tous les chefs locaux reconnaissent l'autorité suprême d'un paysan de Colle, parlant peu et tirant bien, qui troue d'une balle une petite pièce de monnaie jetée en l'air et qui connaît à merveille tous les chemins du pays et tous ses repaires cachés : ce chef des insurgés ascolans, Giuseppe Costantini dit Sciabolone, qui aura bientôt gagné la réputation la plus sanglante par ses cruautés sans nom, était né, chose curieuse, dans le même village que frate Pacifico, Guglielmo de Lis-

1. En patois ascolan, le mot veii.a désigna des étendues rocheuses et escarpées.

2. Rey àChampionnet raconte, le 13 janvier 1799, qu'un de ses aides de camp et un officier du 2;i" régiment de chasseurs à cheval viennent d'être brûles vifs par les insurges à Serra (Dépôt, 13 janvier).

cano, le compagnon de saint François d'Assise. Ce n'est pas une physionomie moins curieuse que celle de l'archiprôtre de Gottanello (près Riéti), et la lutte qu'il dirige n'est pas moins ardente. Le pays qui en est le théâtre est celui que viennent de se disputer Mack et Ghampionnet: Stroncone et Greccio, les deux foyers de la révolte, occupent le massif oriental du massif du Buono, tandis que Otricoli et Calvi, les deux étapes de Metsch, en gardent le flanc occidental^. Pressurés par les colonnes qui traversent le pays dans tous les sens, pillés, saccagés, terrorisés, les paysans se sont rejetés dans les montagnes. Le l""" décembre, six Français arrivent à Stroncone-: ils demandent quarante bœufs, quarante bottes de foin, quarante barils de vin, quarante roubbes de blé. Gomme on leur refuse et qu'ils ne sont pas en force, ils reviennent le 4, plus nombreux : ils emportent huit bœufs, cinq chevaux, du foin et du blé. Le 5 et le 6, de mauvaises nouvelles arrivent; les troupes se rapprochent ; beaucoup d'habitants veulent fuir. Le chanoine Giovanni Terenzio, les frères Giorgi et le chanoine Domenico Salvati quittent le bourg à une heure du matin, pour gagner des pays plus tranquilles. Mais la route qu'ils suivent est barrée par les troupes; ils se jettent dans la montagne, ils montent jusqu'au Gastella di Tiédi; en route, ils rencontrent des habitants de Galvi qui fuient avec une égale terreur les troupes du roi de Naples et les soldats du Directoire ; ils montent avec eux au Gastello di S. Urbano (le 8 décembre) : le curé Francese les accueille avec bonté; mais il ne peut les garder au village. Les fugitifs retournent à Stroncone; ils y apprenent qu'on veut confisquer leurs biens parce qu'ils se sont enfuis : les Français, revenus à Riéti le 8, ont été arrêter les nobles, l'évoque M''' Marini, et ont

1. Cfinlifrliiino se trouve un peu au sud de Tireccio ; Gottanello, à l'ouest de Contiv'iano, Cantalupo au sudoucBt deCottanello et au nord de Moiteto (d'après la Saoina Snyra, de Sperandio, carte corograficlie).

2i Domenico Salvati, «anonico di Stroncone... ratsunto dul G, Lumbroto, pi &| Oi

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