LES PAYS CONTRE ROME
Plus OU moins ouvertement, les administrations défendent leurs intérêts. S'il est rare qu'elles aient la naïveté ou l'audace de quêter un secours financier au Quirinal, — telle la municipalité de San Angelo in Vado, qui ne sait comment subvenir aux frais de son bureau ^, — il arrive souvent qu'elles se chajgent elles-mêmes de rappeler aux autorités consulaires les dépenses de toute nature qu'elles ont déjà payées. Le 3 nivôse, c'est la commune de Vestignano, réunie au canton de Tolentino, qui envoie au ministre des Finances la note des ellets et des sommes versées par elle pour la subsistance des troupes'-; le 24 de ce mois, la Centrale du Métaure rappelle tout ce qu'elle a fait à cet égard''; le 4 pluviôse, c'est la Centrale du Musone qui s'occupe de présenter le même tableau^, et elle travaille à le compléter, le 28 ventôse, par l'établissement de la liste des vêtements qu'elle a fournis^. Les municipalités s'efforcent aussi, suivant leur politique constante, de préserver les ressources locales des atteintes francoromaines : la municipalité de Corinaldo suspend de sa propre autorité la perception de l'emprunt forcé ^ ; la Centrale du Métaure rappelle au ministre des Finances « l'aspect effrayant des difficultés très graves qui se u présentent à elle de tous côtés et qui s'accroissent de (( l'inertie ou de la couardise ou de l'avidité des admi- « nistrations à elle subordonnées » ; et elle lui apprend qu'elle a dû, le 17 nivôse, révoquer le questeur Nicolo Pierantoni, qui, dilapidateur ou mauvais administrateur, a refusé de rendre ses comptes. Mais cette Centrale, qui paraît si dévouée au gouvernement consulaire, dispose à sa guise de 30.000 piastres qu'a levées Duport étant de passage à Ancône'', et elle frappe tout le départe- Lettre aux consuls {Archivio 238) et Relucenti à de Rossi, 4 annebiatore {Archivio, 298).