‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 453 sur 579 · ventôse {Ardiiviv · texte numérisé non relu

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« n'en ai jamais connu, jo n'en ai jamais souffert. J'ai « été trop longtemps à la tête d'un corps que j'ai toujours <( administré et dans lequel j'ai servi quarante ans, et « voilà le premier reproche de ce genre que je reçois. » La situation administrative de la Montagne en reflète la situation politique : comme les Masses de l'archiprôtre, les municipalités des cantons sont engagées dans une lutte acharnée contre la République du Quirinal.

La situation des Marches, à la môme époque, semble avoir été moins complexe ; bien que des troubles y aient quelquefois éclaté, c'est la lutte sourde et la résistance légale qui formulent leur attitude et caractérisent leur histoire. « Dans les premier jours de ce mois, écrit « Championnat au ministre delaGuerrele ITpluviôseS (c plusieurs insurrections se sont déclarées dans le « Métaure : on les a apaisées, moitié par la force et « moitié par la persuasion » ; comme l'on a fait, en somme, à ce mbment même, pour dompter la réoellion du Tronto. La guerre administrative, au contraire, ne s'apaise pas; ici encore, ce sont tantôt les citoyens qui essayent de se dérober à l'étreinte du régime ruineux qui les accable ; et tantôt ce sont les corps constitués qui rusent avec la force qui prétend les contraindre. Le commissaire du Consulat dans le Musone, Polelli, doit envoyer quatre agents dans le département pour secouer l'indolence des particuliers, qui empêche l'établissement des rôles de la contribution foncière'-. De tous côtés, en effet, des réclamations s'élèvent : Ercole Mastaï, de Senegallia, Bernardino Antonelli, Filippino Benedetti, d'autres citoyens de Mondolfo protestent contre l'emprunt forcé auquel veut les soumettre le

i. 5 février. Dépôt. Chami)ionnet au Directoire, 2 février (Dépôt). 2. Polelli à Dujjort, 18 nivôse [Archivio, 248).

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conimissairo Amici'. Dans le Musone, on s'insurge contre le droit des farines [macinato), que le gouvernement perçoitencore • ; et l'abbesse du monastère de Sainte- Marie-Madeleine d'Urhania comme le prieur du monastère de Saint-Magnus s'élèvent à leur tour contre la taxe à laquelle on les assujettit: pour payer les 112 piastres qu'on exige d'elle, elle demande à vendre un fonds de terre ou à l'abandonner à la nation, en manière de paiement^. Partout on cric grâce à ce gouvernement rapacequi pressure les plus pauvres sans faire rendre gorge aux plus riches. Masucci Tommasso, qui a, sans mol dire, payé un emprunt forcé de 1.350 piastres, voudrait qu'on lui réduisît une dette de l'Etat de 948 écus qu'il a assumée 4, Ailleurs, pour obtenir une diminution des taxes, les intéressés rappellent tout ce qu'ils ont payé déjà : le vicaire capitulaire du canton de Uecanati offre au ministre des Finances le tableau de ce qu'il a versé aux agents français"' ; l'évoque de Macerata et de Tolentino lui apprend qu'il n'a son siège que depuis la moisson de 1796, et ses revenus sont si faibles qu'au dire de Bonaparte il faut accroître sa manse, non l'appauvrir"; Guido Galcagnini, évêque d'Osimo, demande la restitution des argenteries et des ors pris en dépôt par le questeur du Musone, et injustement retenus par lui : l'agent des Finances françaises et la centrale du département s'accordent pour reconnaître qu'elles sont sa propriété personnelle^ ; le monastère de Sainte-Agathe, de Fossombrone, ruiné, fait instance pour qu'on n'exige pas de lui le prix de 4.000 fusils; et beaucoup de citoyens, ici comme ailleurs, demandent des indemnités pour les pertes que l'incursion napolitaine leur a fait subir**.

1. l'ro Mt'Tiioria alla Centrale del Melauiut, 11 |)iovo80 (Arc/iiuio, 245). Pulelli au luinislre de» Finances, 11 [)iovoso [Archivio, 'J48).

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