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LES TURCO-RUSSES A CORFOU

d'Apiro s'insurgeait le 4 mars^ et Gingoli suivait son exemple : le 8 de ce môme mois, les insurgés soutenaient un combat acharné contre la colonne lancée contre eux-. Dans le Tronto, les opérations du recrutement avaient provoqué des troubles ; et le général Gambray, venu à Fermo pour y mettre fin, en rejetant sur les autorités départementales la responsabilité de l'anarchie et de la misère, s'était pour jamais aliéné celles-ci sans se concilier pour longtemps la fidélité du peuple'^; les bandes de brigands s'étaient réformées, Ascoli était tombé en leur pouvoir, et 2.000 d'entre eux s'étaient concentrés à Saint-Just pour insurger le reste du pays^.

Le général Monnier, qui commandait à Ancône, comprenait l'importance du poste dont il avait la garde : comme la France n'occupait pas Tarente, c'était Ancône qui était jusqu'à nouvel ordre la base offensive du Directoire dans le Levant et l'Orient et le point le plus rapproché de l'Egypte où flottât le drapeau tricolore : le 3 mars, en effet, Corfou capitulait devant les escadres réunies du vice-amiral Outchakoff et du capitan OadirbeyS. Monnier n'avait pas attendu l'arrivée de cette nouvelle — pour abandonner à leur sort le Musone et le Tronto — et pour concentrer tous ses efforts sur la défense d'Ancône^ : ses préparatifs financiers, militaires et maritimes l'attestent.

Il dispute aux agents consulaires les recettes qu'ils ont recueillies : la caisse d'Ascoli est versée au payeur de la 3" division de l'armée de Rome pour être reversée, il est vrai, dans la caisse départementale du Tronto^ : c'est devant la fermeté de Zeccaleoni

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