‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 461 sur 579 · Mangourit, I · texte numérisé non relu

Mangourit, I

de marins éprouvés et quelques armateurs audacieux ; depuis le début de février^, bien secondé par la commission du Directoire exécutif « pour le commerce de la Corse, Malte, Zante... », Monnier travaillait à en tirer des escadrilles de corsaires, capables d'inquiéter les communications de l'ennemi. Et, malgré les tracasseries que lui faisaient, au nom des règlements, le ministre de la Marine et le ministre des Relations extérieures 2, ses efforts aboutissaient à un résultat précis. Dès le 8 février, il avait organisé une compagnie d'armateurs qui lui offrait douze corsaires, prêts à prendre la mer le 20 courant 3; et, le 7 mars, un arrêté do la commission d'Ancône organisait quatre escadrilles. La première, montée par des matelots grecs et albanais, devait croiser sur les côtes d'Epire, depuis Vallona jusqu'à Corfou, et correspondre avec l'intérieur du pays par l'intermédiaire des barques sardinières. La seconde surveillerait spécialement Antivari, point de ravitaillement probable des Russes, et la côte depuis les bouches de Gattaro jusqu'à Sabioncello, vers Budoa ; elle correspondrait avec le Monténégro « état militaire » et rouvrirait les communications d'Ancône avec Scutari. La troisième occuperait l'entrée du golfe, les îles de Fano et de Mandraki et la mer de Pouille, de Brindisi à Otrante. La quatrième garderait le fond de l'Adriatique, le Carnero, les côtes de la Morlaquie, communiquerait avec la Dalmatie et affamerait Venise, saisissant au passage les bestiaux de Bosnie, les vins de Zara, Sebenico et Spalato ^.

Au milieu du mois de mars, la défense d'Ancône est donc sérieusement préparée; mais cette sage concen-

1. La commission du directoire exécutif au Directoire d'Ancône, 18 mars.

2. Mangourit, I, 62. L'arrêté du 18 germinal VII relire les lettres de marque (XJiuistre des Relations extérieures à Min. Marine, 20 février. Commission au Directoire, 18 mars. Dépôt).

3. Les memltres comiwsant la commission du Directoire au ministère des Relations extérieures. H févriei'. Dépôt.

4. .Vrn^té de la commission du 17 ventôse (Dépôt, 7 mars). Le vice-amiral Tréville (?) était chargé de la marine en Italie (Championnet au consulat, 8 ventôse. Archivio, 40).

LA GUERRE ADTRICBTENNE

tration des forces françaises sur ce point de l'Adriatique est achetée au prix de l'abandon des Marches, oii l'arrivée des Russes ramène l'insurrection. Ici, comme dans le Circeo, où la présence de l'escadre anglaise coïncide avec les mouvements de Fumone, l'approche des armées de la coalition réveille les haines qu'a soulevées le Quirinal, réchauffe les espérances de ses ennemis, fait éclater l'insuccès de sa politique et révèle une fois de plus l'impuissance d'un gouvernement civil dans ces circonstances troublées. C'est ce que l'on verra plus clairement encore le jour où l'Autriche, longtemps hésitante, se sera enfin décidée ; oii, par la force des choses, les généraux seront conduits à concentrer en leurs mains tous les pouvoirs; où la F'rance, obligée de se défendre elle-même, pourra moins aisément opprimer les autres ; où elle abandonnera à leur propre faiblesse ses associés de rapines, dont elle commit la faute de couvrir les vols et de patroner les haines. Et ce jour arrive enfin : le 1 commence.

mars, la guerre

Page 1