CHUTE DE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE
13 mars 1799 — 30 septembre 1799
Les prodigalités de l'Angleterre et la rupture de l'alliance franco-allemande firent cesser les hésitatiops de l'Autriche et la déterminèrent à soulever la guerre, qui, désarmant la France, devait tuer la République romaine. Aux mois de février et mars 1799, le Directoire faisait à Brest un immense effort afin de rouvrir ses communications avec l'Egypte et de porter le coup décisif à son ennemi; l'amiral Bruix dirigeait les armements et était prêt à prendre la mer au début du printemps. Pitt se sentait directement menacé : où l'escadre de Bruix porterait-elle ses coups? Serait-ce l'Irlande qu'elle attaquerait, toute frémissante encore de rinvasion de Humbert et qui comptait 500.000 de ses enfants dans la Ligue des Irlandais-Unis? Ou plutôt ne serait-ce point l'Inde qui serait en butte à ses coups, l'Inde sur laquelle marcherait Bonaparte renforcé, ravitaillé, appuyé de toutes manières? Aussi, tandis que l'on travaillait fiévreusement à l'arsenal de Brest, on ne déployait pas moins d'ardeur dans les bureaux du Foreing-Oflice. Après s'ôtre longtemps fait prier, Pitt promettait à Thugut qu'il ouvrirait la main la plus large, et ses promesses financières donnaient plus de poids à ses conseils belliqueux.
L'Autriche, du reste, était assez disposée à les écou-