CoUezione, V
OÙ l'on peut faire rentrer Cività Vecchia, son port naturel et son point d'appui sur mer, mais d'où s'échappent les «Contadini» sauvages des ^e/tr^ ciminiennes et les habitants indomptables de la Maritime.
Jamais la ville n'a été aussi frémissante qu'en ce jours où s'annoncent les premières chaleurs de l'été La discorde est au camp jacobin ; depuis que les affaires vont mal et que la liquidation approchejB chacun s'en prend au voisin ; la foule des patriotes, petites gens aux dents avides, ne pardonne pas à ses chefs les plaisirs où ils semblent passer leurs jours. Qué|B sont les deux maigres festins donnés au théâtre d'Apollon -, à côté des fêtes somptueuses que s'offre le mondç officiel? Au moment même où sévit durement 1^1 disette, le caissier général de l'armée Chantloup réunit ses collègues et ses amis au palais Doria-, et l'on n'a, pas encore fini d'en causer dans le peuple que MazidB fait banqueter les consuls, le jour précisément où les employés consulaires apprennent qu'ils ne toucherontpas leurs appointements de ce mois-ci \ Ne semble-t-iiB pas, en vérité, que les despotes du Quirinal et de l'embassade de France se raillent des glorieux jacobins : que feraient-ils donc s'ils avaient affaire à de vils fanatiques? Et, pendant que le peuple continue de mourir de faim, les patriotes en place continuent de festoyer: 1^ 16 juin, Paolo Benzi offre un repas somptueux au^ consuls Zaccaleoni et Aleandri ^. j
Tout ce que Rome contient de patriotes un peu notoire^ se rue à l'assaut dans l'espérance d'emporter quelque chose, si peu que ce puisse être : les Piranesi, les Gorona, les Giorgi, les Masi, les Pesci, les Scifelli, les Balerati, les Ferrari implorent, qui des concessions de fermes, qui des aliénations de domaines, tous desj