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LES DERNIERS JOURS DES JACOBINS

indemnités. Il faut profiter des derniers jours ^, et le temps presse : on n'en a plus pour longtemps. Bcrtolio donne l'exemple : il se débarasse de ce gêneur de Planta, le remplace à la Guerre par son intime ami Moutte- et fait filer, en lieu sûr, les économies qu'il a su faire ^. Ce n'est pas tout : on parle encore tout bas dos débauches de cette tourbe de dictateurs avides : Bcrtolio ne craint pas de se montrer en public avec Agara Benzi\ une des filles les plus connues de Rome. Periller est à ce point ivre de sa belle amie qu'il laisse partir l'armée pour ne la point quitter, et que, lorsqu'elle est morte, il obtient de garder son corps dans le palais où il loge. On raconte tout haut que Filippo Pericoli, qui fabrique les plus belles tapisseries de l'Etat, n'a dû son emploi d'administrateur à l'hôpital du Saint-Esprit qu'aux complaisances de « sa Phryné ^ » ; et chacun a pu voir deux sentinelles que le ministre de la Justice Bassi envoyait chez un cordonnier : le malheureux ne livrait pas au jour convenu les souliers qu'avait commandés sa maîtresse ''.

Et cependant, dans cette rumeur de pillage et d'orgie, les pauvres patriotes crient misère tout comme les Trastévérins fanatiques : l'opinion jacobine est furieuse ; elle trouve des chefs parmi les sénateurs, surtout parmi les tribuns. A la fin de fiorile, une note du Moniteur de Ro)ne reproduit une information datée de Florence (25 fiorile, 14 mai), que corroborait un article de V Observateur de Rome"', rapportant un extrait du Heddatore italiano de Gènes. On y lit que la France est à la veille d'une révolution, que deux directeurs ont été arrêtés à Paris; et il se trouve précisément que ces deux directeurs sont les protecteurs de

1. Bertolio au ministre des Finances, 4 pratile {Archivio, 38). Rapport, 1, 7, 8 messifero {Archivio, "4).

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