N°5 (lu deuxième trimestre
Bertolio'. Aussi, le 22 mai, paraît un décret consulaire inspiré par celui-ci: la note du Moniteu)' et un article deV Observateur sont supprimés. Les journalistes seront rendus responsables des informations calomniatrices et séditieuses qu'ils répandront, lors même qu'ils les emprunteront à d'autres feuilles. Bertolio ne borne pas là ses mesures. Comme on parle d'un complot dirigé contre lui 2, il s'occupe de calmer la colère des jacobins en satisfaisant leur avidité ; qui sait si l'établissement de l'impôt mi-proportionnel, mi-progressif n'a pas pour objet véritable de faire croire aux employés consulaires qu'ils pourront enfin loucher leurs appointements.
Ce qui est sûr, du moins, c'est que les mécontents ne désarment pas ; tant d'appétits aiguisés ne renoncent pas à prendre part au dernier pillage. Le 7 juin, le Moniteur de Rome, dans son vingt-troisième numéro, publie un long article contre le ministre de la justice Bassi; il l'accuse d'oublier à ce point ses devoirs qu'il laisse mourir de faim dans leur cachot ^ les prisonniers de l'Etat : à de certains jours, ils n'ont pas reçu une miette de pain ; et l'on assure que l'on envoie à la Galeotta, où cent cinquante détenus sont atteints de la gale, de nouveaux prisonniers qui contractent la maladie. Brunetti lance en même temps au Tribunal un grand discours, dont les accusations dépassent la personnalité mesquine de Bassi. Bertolio veut dégager son ami et, pour en finir avec les criailleries des mécontents, il supprime définitivement le Moniteur de Roîue par décret du 2 juin, publié le 8^. Mais le Tribunat reprend et accentue son opposition : le 14 juin, il envoie une adresse aux consuls^. Il soutient que le décret du 2 est contraire aux articles 112 et 344 de la Constitution,