‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 51 sur 579 · LA MISSION DE MATTEI · texte numérisé non relu

LA MISSION DE MATTEI

Si Bonaparte hésitait à ce point avant de rompre avec Rome, c'est sans doute qu'il attendait le choc de la nouvelle armée qu'organisait Alvinzi ; mais n'est-ce pas aussi qu'il craignait de ne point pouvoir épargner le Pape, s'il devait se retourner contre lui; n'est-ce pas aussi qu'il craignait de se mettre à dos les catholiques dont il pouvait avoir besoin un jour? C'est à ce moment qu'il suit, avec une attention jalouse, l'œuvre de Hoche en Vendée, et comprend que rien ne serait plus populaire que le rétablissement du culte catholique 1 ; c'est à ce moment que Glarke lui écrit la lettre fameuse : « On est redevenu catho- « lique romain en France, et nous en sommes peut- (( être au point d'avoir besoin du pape ~ » ; c'est à ce moment qu'il écrit au même : « J'ambitionne plus le titre « desauveur que le titre de destructeur du Saint-Siège. »

Le pape ne veut rien entendre; toujours dominé par le parti autrichien -^ que dirigent les cardinaux Caraffa et Altieri, pendant qu'Albani négocie à Vienne une alliance avec l'Empereur, il répond par une fin de non-recevoir aux propositions de Maltei et refuse de négocier avec Cacault, qui, depuis plus de soixante jours, attend une réponse à ses ouvertures. En même temps il pousse ses armements avec vigueur : il organise à Rome une garde civique de 6.000 volontaires, commandés par le marquis de Rezzonico, et projette de la porter à 14.000 hommes . (24 no-

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