Mcrnorie $tor
46 iNÉGOCIATIONS DE BONAPARTE
(( dément comme désespéré ; mais Gundi a répondu « que le neveu du pape lui-môme avait la tête montée, « comme les autres, et qu'il ne servirait à rien de lui « parlera» Sept jours après, il lui écrivait encore qu'il venait d'avoir une conférence avec le cardinal Busca et que, selon celui-ci, c'était le renvoi du comte F^ierrachi et les inacceptables prétentions du Directoire à Florence, qui donnaient au Saint-Siège le droit de se défendre par les armes. A la suite de cette lettre, voulant sauver le pape malgré lui, Bonaparte imagina de faire intervenir le cardinal Mattei, celui-là même qu'il avait menacé de mort à Brescia. « Avant de pouvoir, de « sang-froid, prévoir la ruine et la mort des insensés (( qui voudraient faire obstacle aux phalanges républi- « caines, lui écrivait-il, le 21 octobre, je dois à ma (( nation, à l'humanité, à moi-môme, de faire un der- (( nier effort pour amener le pape à des conditions plus (( modérées, conformes à ses vrais intérêts, à son carac- « tère et à la raison. Vous connaissez, Monsieur le car- « dinal, les forces et la puissance de l'armée que je « commande. Pour détruire la puissance temporelle du « pape, il ne me faudrait que le vouloir. Allez à Rome, « voyez le Saint-Père, éclairez-le sur ses vrais intérêts; « arrachez-le aux intrigants qui l'environnent qui « veulent sa perte et celle de la cour de Rome. Le gou- « vernement permet que j'écoute des propositions de (( paix. Tout peut s'arranger... Vous savez combien (( personnellement, je désire finir par la paix une lutte <( que la guerre terminerait pour moi sans gloire et (( sans péril'-'. » Le 28 octobre, il écrivait encore à Cacault, qui déjà avait voulu quitter Rome et auquel, le 24, il avait ordonné de rester, de transmettre à Pie VI de nouvelles propositions qui lui étaient très favorables ; on consentait à ne plus parler du retrait des brefs 3,