Galiinberti, 12 juin. Sala, III
brigades se formaient lentement : soit mauvaise volonté, soit inexpérience, elles faillirent être massacrées à Piglio le 21 juin; le 24, elles furent repoussées de Palestrina, où les avait conduites Checo Borghèse. Par bonheur pour les consuls, les habitants d'Anagni se révoltèrent contre les insurgés : une colonne, conduite par Charpentier, put ainsi reprendre Palliano et Palestrina. Une trêve intervint entre les deux adversaires ; on échangea les prisonniers, les brigands reculèrent sur Gisterna après avoir saccagé quatre maisons à Velletri. Ils mettaient leurs succès à profit pour organiser leurs forces; Frosinone devenait leur place d'armes, on n'ose pas dire leur capitale : c'est là que résidait Gaëtano Mammone, leur chef, un ancien meunier de Sora, qui buvait dans un crâne et ne goûtait pas de plus voluptueux plaisir que de manger sur une table chargée des têtes fraîchement coupées'.
Au moment où se produisait cette accalmie au Sud, la frontière du Nord était soudainement menacée : la situation de Cività Vecchia apparaissait comme si compromise qu'on travaillait fiévreusement à en fortifier les murailles il'arrière-pays ciminien se levait tout en armes. Plus nombreuses peut-être qu'ailleurs, les demandes d'indemnités affluaient à Rome de Cività^ Vecchia. Palomba Giovanni, Valentini Domenico, Vin-iB cenzo Campanile et bien d'autres demandaient avec instance - au ministre que l'Etat compensât les dom- mages que l'insurrection leur avait causés : et la capi-îB tulation régulière qu'ils avaient conclue avec Merlin leur donnait, sinon le droit, du moins l'audace de parler haut. La municipalité paraissait aussi en garder le]B souvenir; malgré les prescriptions formelles de la loi interdisant le cumul, elle avait mis à sa tête Carlo Magno, qui était, en même temps, commandant dela^
1. Galimberti, 16, 25 juin, 5 juillet. Sala, III, 105. Songeon, 5, 6. Vincenzo ! Coco, cité dans G. de Castro, p. 10, note 1. Sala, III, 90, 97.