A CIVITA VECCHIA
Garde nationale et économe de T'hôpital'. C'était le maître de la ville. Lorsqu'il adressait au ministre des Finances l'état de la dette communale, il l'avertissait de ne point s'étonner des chiffres excessifs qu'il relèverait sans doute: au temps de la révolte, il avait bien fallu qu'on en passât par les exigences des vendeurs 2. A côté de ce gros personnage, le commandant français comptait à peine : d'autant qu'il avait besoin de son appui afin de se maintenir dans la place ; la famine surexcitait le mécontentement populaire : elle pouvait d'un moment à l'autre provoquer un éclat. « Si vous ne « prenez un parti quelconque pour approvisionner « Cività Vecchia, écrivait Garnier aux consuls, le « 23 mai'^, le commandant se verra obligé de se retirer « plutôt que de voir le pain manquer à sa troupe et d'être « encore obligé de parer une insurrection de la part de « cette masse de galériens qui meurent de faim et qui « sont poussés par les habitants à la révolte... Je suis « fâché, citoyens consuls, de vous répéter toujours la « môme chose. Mais les circonstances m'y forcent, si « on ne veut pas que cette ville devienne une fois « encore la proie des brigands. » Les consuls répondaient qu'ils avaient fait de leur mieux; le 28 mars, ils avaient traité avec Galabrini et Negroni^ pour l'approvisionnement de la ville; et ils envoyaient au commissionnaire ordonnateur de la Marine, Orsini, l'ordre de les arrêter, s'ils n'exécutaient leurs engagements. Mais Orsini désespérait de pouvoir se maintenir. « Les brigands exilés de la ville, écrivait-il le 25 jnin, « se rencontrent bien souvent dans les villes voisines ; « ils entrent môme furtivement dans le port; ils « tiennent des conférences non seulement avec des « personnes déjà suspectes, mais encore avec des per-