MiinKOurit, I
pied. Le gros des rebelles l'occupe en force et maîtrise ainsi le débouché du tunnel.
Monnier n'hésite pas un instant à ordonner l'attaque, d'autant que son arrière-garde signale des bandes qui paraissent sortir de terre et lui coupent la retraite ; il prescrit à Lucotte de les contenir etl lance Pino sur le défilé, tandis que lui-même avec; sa réserve se tient prêt à les secourir l'un ou l'autre. Il n'en est pas besoin; la charge battue, les tirailleurs s'élancent, appuyés par les hussards volontaires (jui, malgré les rochers qui s'éboulent et la fusillade qui crépite, entraînés par l'ardeur de Brunelli, nettoient la route et ouvrent un passage aux soldats de; Pino, qui, à la baïonnette, enlèvent le plateau où les' paysans sont retranchés. La colonne reprend sa marche, poursuivant les fuyards; elle s'arrête à Cagli dont la municipalité tremblante vient l'assurer de sa soumission (26 juin). Le lendemain, au point du jour, elle se remet en marche, débusque les brigands du défilé de Canelli et fait halte à un mille de Fabriano, pour souffler u peu; la ville est prête à résister; les prêtres sont su les remparts, uncrucifix à la main. Après que l'artillerie, dirigée par Lucotte, a ouvert la brèche, trois colonnes montent à l'assaut, conduites par Girard, Pino e Démoli; après deux heures de combat, la ville est emportée; sept capucins ont été tués sur la place publique; la maison du gouverneur est brûlée; on y a|l trouvé 1.900 fusils, des munitions et 4.000 cocardes^" rouges; c'était bien comme dit le Rapport officiel du chef d'état-major « le foyer de la contre-révolution^ ».|| Cependant, sans prendre de repos, Monnier pousse en avant sa course victorieuse ; il lui tarde d'avoir franchi cet autre défilé qu'on lui a signalé dans la Montagne Rouge. L'Esino passé, en effet, sur un vieux pont romain jeté entre deux rochers abrupts qu'on appelle les Deux
1. Girard, G. Centrale ïrasimène au ministre des Finances, 27 pratile (15 juia| Archivio, 278).