‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 525 sur 579 · LE PAS DU FURLO · texte numérisé non relu

LE PAS DU FURLO

dats de Monnier, — arrachèrent la victoire aux bandes d'Asdrubal, isolèrent l'armée d'Annibal, brisèrent la fortune de Garthage.

Dans ce pays fameux, les insurgés ne se doutent pas qu'on viendra les traquer. Depuis le départ de l'escadre combinée, Monnier s'étend sur la route de la mer, comme s'il voulait reprendre Pesaro; de fait, le 22 juin, au soir, il réoccupe Senegallia, ou, du moins, ce monceau de ruines qui fut Senegallia. Le lendemain, il pousse sur Fano qu'occupent les bandes de Gapuci : il les en chasse et tue leurs chefs. Mais alors, au lieu de continuer en avant sur le chemin de Rimini, il tourne brusquement à gauche : avec le 3" bataillon de la 3" légère, des détachements de la 16" et de la 62" de bataille, la légion cisalpine, les hussards volontaires et les dragons romains, il pousse hardiment sur la route de Fossombrone, en remontant la fertile vallée du Métaure. « La route encore large se déploie mollement « de colline en colline ; sur leurs pentes, s'étendent de « gras pâturages ; le jour est beau et le soldat chante ^ »

Jusqu'à Garifa, sur la rivière, rien ne trouble cette idyllique promenade; mais, le Métaure passé, les postes d'insurgés apparaissent plus nombreux; la vallée se rétrécit au pied du Mont d'Asdrubal, en un défilé suspect; les éclaireurs partent en avant, reviennent sans avoir rien découvert, et la colonne reprend sa marche, tandis que blanchit au loin la masse imposante du Furlo. Le pays plus sauvage est devenu désert ; à gauche, se creusent les précipices où roule avec fracas le Gandigliano, tandis qu'à droite s'élève la montagne à pic : il faut d'abord franchir un tunnel de 30 mètres de long au-delà duquel une colline apparaît couverte d'insurgés en armes, retenant par des arbres attachés à de longues cordes, des rochers prêts à écraser l'adversaire; et, à une centaine de mètres plus loin, la route semble barrée par un plateau abrupt dont elle contourne le

Page 1