Sans doute, au Passegyiu del Prato
LE MOLVEMENT D AKEZZO 525
celto foule houleuso, un violent remous se produit, des voix s'élèvent, bientôt couvertes par une rumeur immense, une acclamation prodigieuse: Viva Maria! avec la rapidité de l'éclair, traîné par deux chevaux fougueux, un carrosse traverse la ville : sur le siège, un vieux cocher, à côté de qui une vieille paysanne agite la bannière autrichienne. En passant devant le palais communal, tout couvert de ses vieux écussons, le carrosse ralentit sa course ; les soldats qui montent la garde « restent ahuris; et quelques-uns sont à ce point <■< stupéfaits que leur mains laissent échapper leurs « armes. La vieille leur fait des gestes menaçants, et ils « n'ont pas le courage de la molester. Et le carrosse « poursuit sa course, affolant les Arétins sur son pas- « sage, jusqu'à la moitié des Loges*; les vieux des- <{ cendent, on ne les revoit plus, on ne peut savoir où ils « ont été s'arrêter et, tout d'un coup, le bruit se répand « que, sous l'apparence de la vieille, se cache la Très « Sainte Vierge Marie et San Donato- sous celle du vieux « cocher^ ». Et la nouvelle parcourt la ville; le miracle transporte les esprits, les plus sceptiques sont convaincus ; au Dôme, à Saint-François, à la tour qui s'échappe des grises dentelles de pierre de Santa Maria délia Pieve, les cloches, h toute volée, sonnent le tocsin. Et des campagnes voisines, les paysans s'ébranlent; du val de Ghiana, ils s'acheminent en bandes vers la ville pour chasser les tyrans de leurs anciens maîtres; et de la vallée toute verte de Gasentin, des bois mystérieux des Gamaldules et des hauteurs sacrées de la Verne, ils descendent en foule, conduits par leurs moines, les disciples de saint Romuald et ceux de saint François, fanatisés par les hymnes à la Vierge de Giaramillo, le vieux chanteur borgne. Ils chassent la petite troupe française; ils mettent le feu à l'arbre de
1. Construites par Vasari, en 1573 (tout prés de Santa Maria dolla Pieve).