‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 532 sur 579 · Crivellucci · texte numérisé non relu

Crivellucci

au pouvoir de l'insurrection ; Rome et Ancône, où semblent se réfugier la vie et se concentrer les forces de la République jacobine, sont séparées par des masses imposantes de rebelles; la révolte, qui a commencé à l'incursion napolitaine et ne s'est jamais apaisée depuis, se développe, comme il faut s'y attendre, et devient plus acharnée et plus âpre. Mais elle change de caractère ; si elle joue son rôle dans la guerre générale, elle perd quelque chose de son autonomie; elle. n'est plus conduite par des chefs locaux d'un aussi vigoureux relief que l'archiprêtre Tiburzi^, et, à des moments critiques, elle reçoit du dehors l'impulsion décisive. Leîl 15 juin, l'administration centrale du Trasimène, écrivant au ministre des Finances, lui montre l'insurrection occupant tout le territoire confié à sa garde ; et elldB ajoute que les envahisseurs sont des Toscans « qui se' disent Arétins- ». Au début du mois de juiUet, lorsque Viterbe se met en révolte ouverte, elle envoie Fran-| cesco Polidori délia Rocca et Giovanni Ciofi aux Orvié-j tains, afin de s'entendre avec eux et de s'agréger à la « Fédération d'Arezzo »^. Qu'est-ce donc que cette] Fédération d'Arezzo que dénoncent les autorités jacobines, qu'avouent les insurgés papalins, et qui semble menacer les frontières de la République depuis Viterbe jusqu'à Pérouse?

Le 6 mai 1799, aux premières heures du jour, les rues qui montent vers le Dôme d'Arezzo étaient encombrées de paysans: à leurs regards farouches, à leur allure provocante vis-à-vis des sentinelles du palais municipal, on devinait la haine et le mépris, ou encore aux sarcasmes dont ils poursuivaient les gardes nationaux que le commandant français, le capitaine Laverne, allait passer en revue sur la place 'k Tout à coup, dans

1. ïiburzi, Memoria historica, 16. Tiburzi est mal accueilli à partir de ce moment.

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