PROPAGATION DE LA RÉVOLTE
quant aux hommes qui abusèrent si habilement de la foi populairo, les défaites subies par les Français en Lombardie et les regrets laissés par les grands ducs de Toscane laissent aisément deviner la genèse de leur criminel projet.
Le succès couronne leur audace. Tant que Macdonald, qui arrive de Rome à Sienne, le 22 mai, reste dans le pays avec son armée, ils ne font pas, sans doute, de très grands progrès : c'est tout au plus si on signale la présence des Arétins à Monticiano, à San Quirico, à Gittà di Gastello et à Gortona, où ils brûlent l'arbre de la liberté et chassent les autorités jacobines ; ils se contentent de repousser les petites colonnes que le général Gauthier, le commandant de Florence, envoie contre eux ' et d'infliger un sérieux échec, près de Tcrentola, à la légion polonaise, qui vient de Pérouse^ (13 mai 1799). Mais il faut dire aussi, que lorsque Macdonald, au moment de quitter Sienne, menace du sac et de l'incendie Arezzo ^ et Cortone % si Gortone se soumet, Arezzo dédaigne ses menaces et attend sa venue : il est très possible que, le cas échéant, elle ait résisté jusqu'à la mort.
Ce qui est sûr, c'est qu'aussitôt le départ de l'armée la Suprema Depiitazione pousse ses bandes de tous côtés : Torrita, Sinalunga, Radicofani, Pienza, Rapolano, Sarteano, Chiusi, Gastel Nuovo, Bcrardenga, Montalsino se soulèvent tour à tour au commencement
prêchait une espèce de communisme et annonçait la révolution sociale ; dans le dernier de ses écrits, intitule lu Mia Lolta con Bio (Arcidosso, 1877}, il protestait de son dévouement au catholicisme et au Pape : il avait plusieurs fois prêché dans l'éfçli^e de Monte I.abbro avec le consentement de l'évéque de Montalcino. Des troubles étant survenus, il fut tué par les carabiniers au mois d'août 187S {fJarid LnzzareUi, par G. Uarzelotti, Piancastagniaio). Il serait curieux de com- |)arer le mouvement arétin avec le mouvement calabrais. Noter que. dans les tem|)8 antiques, la confédi-ration ombrienne avait son centre au temple de Jupiter Apennin, sur le Mr)nte Petrara, pW's Scheggia.
1. Le 11 juin, il écrit à Mangourit qu'il ne peut rien faire contre eux (Mangouril, I, 'ni).
2. là., I, 138. Castro, 43. Mort de Saint-Chamans dans le combat; il est coupé en morceaux.
3. Il proniettait d'élever sur leurs ruines une pyramide avec ces mots : « Les villes d Arezzo et de Gortona jmnies de leur réiielion. » Brigidi, 3i0. Dipot, 22 mai.
4. cf. Storia di Cortona {dalV uvocaio Corlonese PwAo Uccelli). Arezzo, 1835.
du mois de juin; le 27, Sienne est occupée^ comme les autres villes, Sienne, où depuis le 17 mai, le capitaine commandant Ballet a proclamé l'état de siège 2. Lorsqu'arrivent les derniers jours de juin, la frontière romano-toscane est au pouvoir des insurgés. On se souvient qu'ils ont arrêté la garnison de Viterbe, qui, conduite par le lieutenant Robin, a voulu rejoindre Macdonald ; on va les voir prendre désormais l'offensive, comme il leur est naturel, tendre la main à l'insurrection Sabine et retremper son énergie défaillante. Jusqu'à la fin de juin, en effet, celle-ci s'est développée isolément, luttant avec ses seules forces, comme au temps tout proche où les Napolitains viennent de fuir. De Pérouse, le chef de bataillon Breissand surveille sans trop de peine le Trasimène, qui, durant le mois de mai, préfère la lutte administrative et pacifique à la rébellion à main armée : l'administration centrale refuse d'exécuter les prescriptions consulaires tant qu'on ne lui enverra point d'argent'^, et telle municipalité, comme celle de Gubbio, par exemple'', accuse perfidement les préfets dévoués au Quirinal, afin de se débarrasser des témoins gênants et de pouvoir Iraliquer, à sa guise, des domaines nationaux. Dans le Clitumiie, les habitants, plus énergiques, donnent infiniment plus de peine au chef de brigade Girard, qui a remplacé Gélin. Depuis que l'archiprêtre, ne se sentant pas de force à enlever Riéti, s'est enfoncé dans les Abruzzes, afin de quérir des renforts, les insurgés rellucnt sur le plateau de Norcia et y fortifient leur position. Us soulèvent Cerreto, où confluent les deux vallées de la Néra et de la Cornia, où communiquent les deux bandes de Visso et de Cascia\ Ils menacent à tout moment de fondre sur Foligno, Spolète et Narni et, guidés par