REPRISE DE FOLIGNO
s'arrêtera désormais la colonne française devant ses vainqueurs? Garnier le comprend, lui qui est responsable du salut de Rome : le 18 juin, malgré la pénurie de sa caisse, il offre à ses gardes nationaux qui voudront prendre part à une expédition sur Spolète une prime de 6 écus, une paire de brodequins et une chemise, sans parler d'une somme mensuelle de 9 écus'. Aussi bien que Garnier, Girard comprend l'importance des combats qu'il va soutenir; il rassemble toutes ses forces pour cette tentative suprême. Le 20 juin, il a le bonheur d'enfoncer à Torreta, à Campello et à Trévi, les bandes de Latini et de Capreto : poursuivant sa victoire, il reconquiert Foligno et nettoie la grande route de Colfiorito et de Serravalle : les bandes se replient sur la Montagne et les municipalités, désormais dociles, pourvoient avec libéralité aux besoins de la colonne volante. Le consulat, informé de ces événements, déclare que Riéti et Spolète ont bien mérité de la patrie^.
Pour cette fois encore, les Français ont le dessus, mais ils savent mieux que personne combien éphémère est leur succès. Aussi les voit-on travailler habilement à l'exploiter ennégociant: ce n'est pas la stratégie évidemment, c'est la politique qui leur conseille d'utiliser ainsi leur victoire. Déjà, à propos de la foire de Spolète (13 juin), des pourparlers s'étaient engagés entre Jacobins et brigands, mais on avait bientôt reconnu, de part et d'autre, qu'aucune entente n'était possible, ceux-ci exigeant de ceux-là qu'on renversât les arbres de la liberté. Maintenant qu'ils sont vaincus, on espère que les insurgés seront plus faciles. Carlo Zacchei, qui,