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ROME ET ANCÔNE

H juillet — 30 septembre — 13 novembt'e

Isolées l'une de l'autre par toute la largeur de la montagne et la puissance de l'insurrection, Rome et Aucune conservent les dernières, avec les trois couleurs de la France, le drapeau tricolore de la République romaine, noir, blanc, rouge. Mais, tandis que dans l'une d'elles un homme énergique dirige la défense, maintient la tranquillité publique et en imposée l'ennemi, l'anarchie continue à diviser l'autre et la livre presque sans résistance, à coup sûr sans gloire, à la merci de l'étranger. Tandis que, le 25 septembre, à Zurich, Masséna arrache à l'ennemi la victoire que Joubert à Novi, 15 août, a été si près d'atteindre, Monnier maintient intact à Ancône la haute renommée de l'armée d'Italie ; mais à Rome, BerLolio et Garnier restent tristement fidèles au passé malhonnête et mesquin de la République dont ils ont la garde.

Durant le premier mois qui suit la proclamation de l'état de siège, un semblant de gouvernement subsiste encore dans Rome (11 juillet — 10 août). Si, à dater du 11 juillet, « toutes les fonctions du Tribunal, du Sénat et du Consulat sont suspendues » (art. 1), si « les membres du Consulat sont invités à s'occuper, durant leur suspension, de mettre en ordre les comptes

« qu'ils doivent de leurs opérations ^ » , sans plus prendre part aux affaires, une loi du 12 juillet établit un Co?nité de guerre et de fi.nances^ composé de Breislak, de Périller et de Loize, qui, à la direction, officielle des ministères de la Guerre et des Finances, joint la direction effective du gouvernement tout entier; rôle qui lui est explicitement attribué par la loi du 24 juillet : elle lui adjoint Piamonti et de Romanis et le transforme €n Comité provisoire du cjouvernement'^-.

On suit très nettement son action, dirigée par le général '', guidé lui-même par l'adjudant général Teulier. Gomme par le passé, plus que par le passé, les caisses sont vides, et c'est en vain que l'on essaie de faire rentrer des contributions sous la menace, des exécutions militaires^; les caisses ne se remplissent pas davantage. Le 19 juillet, on se résout donc à recourir au procédé habituel : pour subvenir aux besoins de l'armée, on établit un emprunt forcé de 100.000 piastres sur les ex-nobles et les propriétaires de la commune de Rome : l'emprunt doit être fourni dans un délai de vingt-cinq jours, un tiers en numéraire et deux tiers en approvisionnements : « La répartition et le « recouvrement en sont confiés au patriotisme et aux « lumières des citoyens Borghèse, Doria, Golonna, Brac- « ciano et Gesarini, nommés commissaires à cet effet. » Mais comme ces commissaires, au jugement du Gomité, remplissent très mal leur emploi et qu'ils taxent des pauvres en oubliant des riches, le Gomité se décide à opérer lui-même la répartition de l'emprunt et à appuyer ses décisions de menaces d'exécution militaire^.

Les faibles sommes obtenues par ce moyen étaient

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