‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 555 sur 579 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

vouloir enfin se rendre « après une résistance de neuf « mois, faite contre toute attente' ». A neuf heures du « soir, Monnier répond que « ses moyens, son honneur, « les sentiments bien prononcés de sa division lui « ordonnent de se défendre jusqu'à extinction'-». Et, cinq heures après, afin de bien montrer au général autrichien que ce ne sont point là de vaines paroles, il ordonne une sortie générale. Tandis que Lucotte charge, à sa droite, et que Pino, avec les Cisalpins et la S^ se jette, à sa gauche, sur Lahoz, Monnier lance sur la grande redoute la Colonne infernale que dirige Le Couturier. (( Nous nous jetâmes dans la première parallèle de l'ennemi ; nous en délogeâmes les Croates, en leur lançant des grenades qui éclataient dans leurs rangs; nous parvînmes, sans beaucoup de difficultés, à la seconde ligne. Là nous étions à vingt pas de la redoute de l'ennemi, qui faisait pleuvoir sur nous une grêle de balles, de boulets, d'obus et de mitraille. Le ciel était en feu ; la nuit la plus noire n'était éclairée que par une lumière bleuâtre qui intimidait les plus déterminés. Devant nous se trouvaient de larges abatis. Trois fois j'entraînais ma troupe hors des boyaux dans lesquels elle était un peu à l'abri ; ( trois fois elle fut repoussée. J'envoyais prévenir le général qu'il me paraissait impossible de vaincre les difficultés. Il me fit répondre par Girard qu'il m'en-

< gageait à faire un dernier effort, et que, s'il était ( infructueux, il me donnerait dans cinq minutes le ( signal de la retraite. C'est alors que, m'irritant contre ( les obstacles, je me glissai sous les abatis et que je ( criai : A moi^ carabiniers^ je suis dans la redoute^

< Les carabiniers, entendant et reconnaissant ma voix,

< trompés par ma ruse, s'élancent simultanément, ( renversent, culbutent tout ce qui s'oppose à leur

< ardeur et arrivent à la redoute. Le caporal Betarma

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