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LE JOUR DES MORTS

« y pénètre par une embrasure, d'autres escaladent « les parapets, d'autres entrent en dérangeant les « chevaux de frise; on combat à la baïonnette, la môlée « est horrible, l'ennemi cède, saute dans les fossés, et « nous restons maîtres de la redoute. Nous enclouons « les neuf bouches à feu, elles étaient d'un trop fort (( calibre pour les emmener à bras ; nous prenons un <( drapeau. L'ennemi fut mis dans une telle confu- « sion... qu'il abandonna ses positions et n'osa les « reprendre que lorsque le soleil trahit le petit nombre « des troupes qui l'avaient vaincu*. »

De son côté, Lucotte a chassé les rebelles tandis que Zenardi arrêtait sur sa gauche une forte colonne turco-russe. Pino a, de même, débusqué Lahoz, qui, ralliant ses troupes, tombe sous les coups de Balbi^ un grenadier cisalpin : de tous côtés, les assiégeants s'enfuient en désordre, et le reste du mois s'achève au milieu d'une tranquillité relative^.

Les Autrichiens, barraqués à Varano, attendent que la famine leur livre ces adversaires irréductibles ; les prix montent chaque jour : un poulet vaut 25 francs, un œuf se vend 12 sous; il n'y a plus de bœufs ni de porcs ; on mange des chevaux et des ânes, des chats et des rats. La garnison s'épuise, son énergie faiblit, les Autrichiens démasquent de nouvelles batteries et s'emparent du mont Galéas, que 200 toises seulement séparent de la citadelle ; ils resserrent le blocus, occupent les Quatre-Chemins, au carrefour de la route de la Mer et de celle de Senegallia ; la péninsule qu'occupe Ancône est barrée par une longue ligne de circonvallation. Le jour des morts, 2 novembre, les assiégeants font une nouvelle tentative pour réduire leurs adversaires. « A la pointe « du jour, quatre-vingts bouches à feu vomissent sur les (( forts de la ville des boulets, des bombes et des obus ; au

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