LA FRANCE .' LE RÉGIME JACORIN
cipe pour abriter ces intérêts. Les hommes du Luxem- ' bourg ne craignent pas de profaner les souvenirs de 89 et 92; l'armée qui escorte Haller est chargée, style officiel, de « propager la liberté et de renverser les (( tyrans » ; et c'est à l'ombre du drapeau de Valmy que les vainqueurs de Brunswick vont piller les trésors de Lorete et vider Fescarcelle du Pape^ ^ y a longtemps qu'on a justement flétri, sous le nom de cléricalisme, l'exploitation de l'idéal chrétien ' par des intérêts humains : il n'est pas inopportun de rappeler, qu'il en est tout de même de l'idéal de 89 qui a été, lui aussi,: rabaissé et domestiqué au profit de passions banales : que de mensonges dans le « libéralisme » économique qu'on enseigne aujourd'hui encore; que de mensonges dans le « libéralisme » politique que prêchaient lesi directeurs et leurs exacteurs attitrés, ambassadeur ou commissaires ! La responsabilité en dépasse leurs mesquines personnes : elle atteint la France, elle doiti l'atteindre. Depuis le jour où elle a pris possession d'elle-même et s'est sacrée son propre souverain, la France s'est reconnue de nouveaux droits : elle s'est imposé par là de nouveaux devoirs. Elle s'est engagée à surveiller ses mandataires, à exercer sur eux un incessant contrôle : par indifférence ou par lassitude, || lorsqu'elle en abandonne le soin, il est juste qu'elle porte la peine de cette défaillance ou de cette lâcheté. Chez les nations qui se disent démocratiques, c'est au peuplai que l'on doit demander compte de ce que font ses élus. 1
Pas plus que la France, l'Italie ne peut s'enorgueillir de cette histoire. Dans les masses populaires de l'état romain, comme ailleurs, le j)atriotisme national n'est
1. Cf. dépêche de Cacault du 28 germinal IV: il pousse à envahir l'Italie, «où' l'on est sûr, dit-il, de trouver en abondance de quoi soutenir la guerre par la ■ guerre » (Aff. étrang. Mém. et Doc. Italie, XII, 12 sq.).