L ITALIE
pas né encore ; j'en ai vainement épié les traces dans les milliers de pièces que j'ai lues: les intérêts locaux y parlent toujours, l'idée de patrie n'apparaît pas. Il faut répéter ici ce que V. Coco dit de la révolution napolitaine : la nation était divisée en deux peuples séparés par plusieurs siècles.
Il se trouve même, — et ceci semble propre à l'état romain, — que l'élite se soucie peu du rêve unitaire: on sait pourtant quel prestige il exerçait, sinon sur le Piémont*, du moins en Cisalpine- et en Vénétie, surtout depuis la campagne de Berthier ; la chute « de l'état pontifical éveilla toutes les passions; les « patriotes de l'Italie y virent un événement favorable « à leurs vues'^ ». Les unitaires comprennent que, ne pouvant compter en somme ni sur la France ni sur l'Autriche'*, également et nécessairement hostiles à leur rôve^, l'unification politique de la péninsule peut seule lui donner l'indépendance nationale. A Rome, on ne voit aucun représentant de cette idée qui ait autant de relief que certains de ses défenseurs milanais : je n'ai même trouvé que deux textes qui y fassent plus ou moins expressément allusion. L'un est un mémoire adressé au Directoire exécutif et aujourd'hui conservé au ministère des Affaires Etrangères'' : il donne l'analyse
1. Serbelloni écrit à Visnonti, le 23 ventôse VII: « On fait ici de jurandes promesses... ; on parle enfin d'une seule république italienne... Les Piémontais cherchent à contrarier une si belle idée, mais j'espère qu'ils ne réussiront pas »
Aff. élrang. Além. et Doc, Italie, XV, 10). Le roi de Piémont s'était retiré en sardaigne; aux conférences de Seltz, il avait été question de lui donner l'état l'cclésiastique.
2. Botta a Pico, 16 juillet 1799 : Volesse il cielo che non si parlasse pi à (Dionisotti, Yita di Hotta, 82). Cf. aussi Botta, III, XXVI, 267.
3. De notre position en Italie après C. P. (rédigé en juin 1799). Aff. étranK. Mém. et Doc, Italie, XII, 22Ô-226.
4. Laf,'ersward au roi de Suéde, 21 octobre 1799, Gênes. Le commandant .intrichiim d'Arezzo aurait protesté contre l'occupation des deux places par le loi de Naples, sous prétexte que l'état romain détaché de son légitime monarque ne pouvait et ne devait appartenir avec raison qu'au roi des Itotnains (Af{. élTa,ne. Mém. et Doc, Italie, XV, 210).
4. Der Kampf. uni Europens Stiefel. Kim Gemalde ans der Bildergalerie unserer Toge mil einer grossen ausf/emalten Karikatur (Erfurt Ueier nnd Maring, 1800, in-12). Les quatre personnaL'es qui se disjjutent la botte représentent l'Autriche, la Russie, la Turquie et l'Angleterre, p. 11. Cf. p. 17, 18, un très curieux I)a8sage sur la grande nation : « Erst nach dem Frieden zu Campo-Formio wurde dieser Name allgemeiner... und in dieser Epoche kann auch die Kanzleiformel auf : wasdie grosse Nation will, das ist bo gut als geschehen. »