Mém. et Doc, Italie, XII
S60 LA QUESTION DE l'uNITÉ A ROME EN 1799
d'une dépêche adressée par le ministre à Bertolio le 8 ventôse an VII : « Il lui fut recommandé à ce que « {sic) le système des unitaires ne prit pas à Rome <( trop de prépondérance, de veiller sur le genre de « liaison que pouvaient former entre eux les peuples « d'Italie », de ne pas trop rapprocher Rome de Naples, mais de développer au contraire les rapports commerciaux de Rome avec la France. Il y a donc à Rome, dans le monde que voit Bertolio et qu'il a charge de surveiller, des champions du « système des unitaires ». Il est permis de croire qu'ils se groupent au ministère des Relations extérieures, de la Guerre et de la Marine : c'est l'honnête Planta qui en est titulaire, et c'est de Planta qu'émane la lettre suivante, que j'ai trouvée à VArchivio^ de Rome: « J'ai invité le citoyen ambassa- « deur Rertolio à vouloir me communiquer son sentice ment et ses lumières au sujet de l'armement maritime « à faire pour défendre nos côtes et au sujet de la <( coalition à entreprendre à cette même fin avec les « républiques ligurienne et napolitaine et avec le gouver- « nement toscan. » La lettre d'oîi ce passage est extrait est adressée aux consuls et porte la date du 23 germile VII : elle est à peu près contemporaine du mémoire au Directoire dont il a été question. Au moment où décline la fortune de la France, il est probable que les « unitaires » s'agitent à Rome et que, de Planta, le seul homme honnête et capable du ministère, ils cherchent à faire leur instrument : ils rêvent sans doute de réaliser leurs projets avant d'être liés vis-à-vis de l'Autriche, ils songent sans doute à organiser leur Italie entre le départ des Français et l'arrivée des Impériaux-. Tel n'est-il pas l'objet que se propose, à cette même époque la société secrète des Hayons-''