MORT DE PIE VI
« roi apostolique de Hongrie, illustre roi de Bohôme <' ot empereur élu des Romains. »
La question romaine, en eiîet, brutalement posée par la France révolutionnaire, avait été dénouée de même : comme les Etats fébronianistes, elle avait menacé le Pape dans le Roi et l'Eglise du Christ dans son terrestre royaume. Il faut détruire le fanatisme, disai le Mémoii^e du 25 juillet 1796*, destiné au « ministre seul » ; or, « c'est sur la puissance temporelle des Papes, c'est sur « les revenus dont ils jouissent que repose principale- « ment leur autorité spiiiluelle » ; sans ces revenus, qu'est devenu le patriarche de Conslantinople? La coterie antichrétienne de Paris veut donc les leur ravir pour ruiner leur '< autorité spirituelle » ; c'est l'objet auquel elle s'attache, tandis que, dans leur ensemble, les hommes du Directoire poursuivent plutôt un but fiscal et politique. Gomme il triomphe de ceuxci. Pie VI triomphe aussi de celle-là : c'est seulement le 29 août 1799 qu'il meurt, après avoir vu l'effondrement de cette république éphémère établie dans ses Etats ; c'est seulement le 3 octobre, Rome étant délivrée du joug jacobin depuis quatre jours, que le décret du cardinal doyen déclare vacant le Saint-Siège^. Et cinq jours après, Bonaparte débarque à Fréjus, le 8 octobre, préparé, on se le rappelle, à entreprendre l'œuvre de pacilication française et de restauration religieuse. A l'heure où disparaît la République romaine, voici donc que se croisent, à la veille du triomphe, au seuil du tombeau, les deux mystérieuses figures du jeune général et du vieux pontife, ces deux hommes qui ont été si intimement môles aux origines de son histoire et qui reparaissent, tous deux, dans les invocations'^ et les
1. AIT. élrang. Mém. et Doc, XIl, 56. La question romaine au sens où on l'entend, aujourd'hui nue l'éviction matérielle est chose faite et que la domestication diplomatique * de la Papauté reste seule à accomplir, n'était pas posée alors.
' l'ietro Verri disait, dans sa /Mcadenza dd l'apato : « La ruine de Rome est un dommafçe pour l'Italie, parce que nous perdons avec elle toute influence en Europe. »