ISOLEMENT DU PAPE
SOUS les ordres du cardinal Albani, M^'"Barberi ', obtient seulement de faire emprisonner les « amis » remuants que la France entretient à Rome et qui ont trop bruyamment célébré, par une fête au palais Sora, la nouvelle de Campo-Formio'-. Cette coterie n'est pas assez forte pour faire refuser à Joseph l'élargissement des prisonniers^ (21 octobre) ni le renvoi de Provera, appelé par défi à Rome ^. Si ardente que soit sa rage antifrançaise, les circonstances sont plus impérieuses et commandent la paix ; le Pape la veut, et le Directoire le sait\ Il entend le surveiller, par crainte d'Albani, ne lui laisser prendre aucune inlluence en France '\ exercer par contre, sur lui-même, une action efficace. Le 23 décembre 1797, Joseph envoie à Talleyrand des renseignements curieux sur deux Papabili^ Gerdil et Caprara^ : n'est-il pas vraisemblable qu'on les lui a demandés?
Les intentions pacifiques du pape, la prépondérance à sa cour du cardinal Doria et du parti français apparaissent très clairementdans la reconnaissance solennelle de la République Cisalpine par le Saint-Siège et l'envoi par celui-ci, à Milan, d'un ministre plénipotentiaire, le chevalier Bussi (6-7 décembre). Les mômes dispositions pacifiques de la cour de Rome sont encore attestées par de curieuses brochures, telles que la Giiistizia e la Verità in favore délia religione cattolica, ou encore : // Popolo Romano agli altri Popoli dello stato pontiflcio^
1. Sparziani, ancien premier commis de Bnsca, en était l'agent le plus actif.