SUPRÊME EFFORT DES JACOBIISS
goance des autorités papales? La crainte les trouble : ils décident de faire le lendemain une dernière tentative ; le moindre incident ne peut-il pas, du même coup, assurer leur salut et préparer leur triomphe ?
Le lendemain, jeudi 28 décembre, Gonsalvi avertit Doria, Doria communique à Joseph les dispositions qu'il aprises afin de maintenir l'ordre, et Joseph les approuve expressément, en présence du chevalier d'Azara et du chevalier Angiolini, ministre de Toscane. — Cependant Bouchard fait distribuer les cocardes à tout venant sur la place d'Espagne, sur la place du Peuple et sur le Gorso^; dans l'après-midi, c'est au Trastevere qu'Agretti travaille, Agretti, un ancien notaire chassé du tribunal de Rome; avec les cocardes, il répand de l'argent, il excite le peuple, se promenant sans cesse avec un groupe de fidèles, dans les rues qui avoisinent le pont Sixte sur la rive droite.
Lorsqu'on a franchi ce ponton débouche à droite sur la place San Giovanni délia Malva, petite, irrégulière, entourée de maisons insignifiantes, pauvres, garnies de boutiques de toute sorte: nulle fontaine ne l'égayé, nulle église ne la décore, si ce n'est San Giovanni, construction baroque, crépie à la chaux jaunâtre. A droite une ruelle étroite mène à l'ancienne enceinte du Trastevere, percée d'une méchante porte, aux créneaux irréguliers et lourds, posés de travers : c'est la porte Settimania, encadrée aujourd'hui par des maisons. A peine l'a-t-on dépassée que le Palais de France apparaît, — l'ancien palais Corsini : — longue et triste, uniforme et nue, la façade est percée de trois grandes portes qui donnent accès à un vestibule immense divisé en trois portiques par quelques colonnes banales; à droite et à