Antonelli, 9. Mem. Stor
g-auche, deux escaliers coTiduisent aux appartements de l'ambassadeur, tandis qu'au fond, par une grande baie vitrée, on aperçoit le beau parc du palais qui se prolonge vers le Janicule et forme avec la colline une délicieuse masse de verdure. Et les conjures en connaissent tous les détours; s'ils ne réussissent à enlever le dépôt d'armes que garde, sur la place délia Malva, le comte Jérôme Montani de Fermo^, ils sauront, au moment opportun, se réfugier sur la juridiction française, — comme ils comptaient s'échapper, la veille, par la juridiction suédoise.
Et, tandis qu'Agretti et ses affiliés travaillent le peuple, viennent à passer deux forçats, conduits par un piquet'. '< Qui vive? » leurcrie-t-on. — « Liberté! » répondentils, et on les acclame, on bouscule leur garde, on brise leurs fers. Peu à peu, le tumulte s'accroît; les mutins se divisent'^ en deux troupes : l'une, composée de quatrevingts personnes environ, suit la ruelle qui mène à la porte Settimania et arrive au Palais de France. Ils demandent l'ambassadeur ; ils lui déclarent que le peuple romain veut être libre ; ils lui proposent de « démocratiser » la ville et se mettent à ses ordres. Mais « l'ambassadeur les renvoie avec indignation, leur « ordonnant de sortir à l'instant, car ni son caractère « politique et moral, ni ses instructions ne lui per- « mettent de se faire le fauteur et le chef de la cons- « piration ». Atterrés par cette réponse formelle, les conjurés se dispersent et se cachent dans les jardins et dans les cours. Joseph en informe aussitôt le cardinal secrétaire, à quatre heures et demie du soir : il lui apprend que son palais est cerné et violé : « Ma position est « telle, dit-il, qu'il est instant que Son Eminence Mon- « sieur le cardinal Doria, secrétaire d'Etat, se transporte « chez moi'*. » Comme Doria lui répond qu'il ne peut, en