MALADIES CUTANÉES
Le régime lacté se trouve fréquemment indiqué dans le traitement des maladies cutanées. Je signalerai spécialement son emploi dans le pemphigus, dans certaines dermatites, telles que la maladie d'Erasmns Wilson et les dermatites exfoliatrices secondaires. Dans ['urticaire chronique, les malades sont soumis à l'alimentation lactée lorsqu'elle est bien tolérée; on la continue jusqu'à la disparition des poussées, pour revenir graduellement au régime ordinaire; certaines éruptions ortiées, entretenues par des troubles digestifs ou par
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des altérations du foie ou dos reins, se LrouvenL également bien influencées par la prescription de la diète lactée. Chez les vieillards, les j^rurigos tenaces, plusieurs variétés d'érythèmes douloureux des membres d'origine néunïzg-we simple ou variqueuse, s'améliorent souvent à la suite du même régime prescrit pendant une quinzaine de jours. Il en est de même de la plupart des éruptions rénales qui trouvent dans la même cure une excellente médication, laquelle obéit alors aux indications exposées au chapitre des néphrites.
Dans la pellagre, les travaux de MM. Bouchard, Th. Roussel, Gintrac, Hameau, etc., ont démontré que le régime lacté constituait le mode de traitement le plus efficace. Le changement de régime s'impose, et c'est le lait qui en constitue l'élément essentiel. M. Bouchard affirme que des guérisons ont été observées. Ajoutons une donnée très intéressante au point de vue de la prophylaxie, c'est que l'usage habituel du lait préserve de la pellagre, car les vachers, qui s'en nourrissent d'une façon presque exclusive, résistent toujours aux atteintes de la maladie, pour laquelle ils présentent une véritable immunité.
Dans une communication récente à la Société de Dermatologie (l" mai 1893), M. Quinquaud faisait ressortir cette particularité très intéressante, qu'il existe, dans, un certain nombre d'affections cutanées, une hypcrtoxicité du sérum du sang, laquelle semble atteindre son maximum à la période d'accroissement de ces maladies.
Il n'est pas surprenant que le régime lacté compte des succès manifestes en pareil cas, comme on les observe au cours des éruptions d'origine hépatique et rénale, où la même exagération de la toxicité du sérum se rencontre d'une manière constante.
Le meilleur régime à prescrire pour combattre les effets des substances toxiques qu'on a pu isoler et expérimenter plus spécialement dans plusieurs de ces affections, est évidemment celui dont l'influence permet d'atténuer le plus possible cette propriété nocive du sérum. Et le Jait ne peut exercer qu'une action favorable dans ce sens, si l'on évite la constipation. Des faits nombreux le démontrent aussi bien pour les maladies cutanées que pour les éruptions médicamenteuses.
On sait, du reste, qu'un des bons moyens d'éviter les complications de cet ordre qui suivent l'administration des iodures et des bromures consiste à les associer au lait et aux antiseptiques intestinaux (Ferré).
Nul doute que des recherches nouvelles ne viennent établir définitivement ce problème de la pathogénie d'un très grand nombre de dermatoses et sanctionner l'emploi du régime lacté comme répondant à l'indication d'abaisser la toxicité du sérum et de favoriser l'élimination des substances toxiques qui peuvent s'y rencontrer.
CURE DE PETIT-LAIT
CURE DE PETIT-LAIT
Le petit-lait diffère du lait par l'absence de caséine et de beurre, mais il contient la lactose, les sels et les matières protéiques, qui n'ont pas été précipités dans sa préparation.
Celle-ci consiste, d'après le Codex, à ajouter à un litre de lait en ébullition une solution d'acide tartrique ou citrique (1 gramme) dans 8 grammes d'eau ; quand le coagulum est formé, le liquide passé sans expression est remis sur le feu avec un blanc d'œuf délayé et battu dans l'eau, puis, après une nouvelle ébullition, on filtre sur un papier lavé à l'eau bouillante.
Il est essentiel d'éviter de pousser trop loin la coagulation et de précipiter toute la caséine, car, ainsi que l'a fait remarquer M. Ch. Richet, le petit-lait devient alors indigeste par l'absence de fermentation de la lactose.
Dans les montagnes, on se contente souvent de traiter le lait frais par la présure.
Les stations de cure, dont le nombre s'accroît chaque année, se rencontrent surtout en France, dans le Jura, en Suisse, dans le canton d'Appenzell, au Weisbad, dans l'Oberland bernois, à Interlaken, etc. La station de Ischl, dans le Tyrol, attire également
de nombreux malades. La plupart des autres se rattachent à des établissements thermaux.
C'est principalement dans le traitement de la phtisie pulmonaire qu'on en a étudié les effets et que, par analogie, on l'a appliqué à la thérapeutique d'un certain nombre de maladies consomptives. Il semble alors, comme l'écrivait Aran, qu'à l'action de ce régime se combinent des modifications heureuses, apportées par la vie au grand air, l'exercice, les excursions en montagne.
On prend d'abord à jeun une première dose de 150 à 200 grammes, que l'on fait suivre d'une promenade d'un quart d'heure ; on la renouvelle au bout d'une demi-heure, en augmentant chaque jour, de façon à absorber quatre ou cinq verres dans la journée.
Le traitement dure de six à huit semaines (Helft).
Il n'est pas rare de voir survenir dès les premiers jours des phénomènes d'intolérance, s'accusant par de la pesanteur d'estomac, de la gastralgie, des vomissements, des coliques et même une légère teinte sub-ictérique, ou simplement un peu de catarrhe intestinal qui suit de très près l'ingestion du petit-lait et qui s'arrête le plus souvent dans le cours de la journée. Pour obvier à ces inconvénients, on fait boire simultanément une petite proportion d'eau gazeuse, alcaline ou ferrugineuse, ou bien on se contente de prescrire un simple potage à la fécule.
Les résultats de cette médication sont surprenants
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chez les enfants scrofuleux, dans les tuberculoses pulmonaires et les affections chroniques du poumon. Et, quelle que soit la part prépondérante du régime ou du climat de la montagne, de l'aération continue, on ne saurait i^efuser à l'action combinée du petit-lait, surtout de celui qui provient du lait de chèvre, et des conditions hygiéniques dans lesquelles la cure se poursuit, d'amener des résultats assez positifs pour nous permettre d'espérer qu'elle se vulgarisera de plus en plus en France, où nous ne manquons pas de stations susceptibles d'en assurer l'application au traitement de la phtisie.
Nous sommes moins bien fixés sur le bénéfice que peuvent en retirer les malades atteints d'afî"ections du tube digestif et des viscères abdominaux, et en particulier des engorgements du foie ou de la rate.
Il est probable que l'action de ce régime particulier se rapproche de celle qu'on recherche dans les cas analogues avec le régime lacté pur, dont nous avons vu l'heureuse influence dans les états morbides gas trointestinaux et dans les affections hépatiques et spléniques. Ils paraissent se retrouver également dans la goutte et la gravelle, pour lesquelles les cures de petitlait sont aussi souvent conseillées.
On ne saurait passer sous silence les constatations faites par plusieurs médecins et desquelles il résulte qu'un certain nombre de microbes se conservent parfaitement dans le lait traité par la présure (Galtier).
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L'emploi du lait de chèvre n'est pas une garantie suffisante contre la possibilité de la présence des bacilles de la tuberculose, et l'on ne saurait trop recommander le mode de préparation conseillé par le Codex, qui, par ses deux opérations d'ébullition, donne à ce sujet une sécurité bien plus complète.
L'époque la plus favorable pour se rendre aux stations paraît être le début de l'été, alors que la saveur du lait, en rapport avec l'arôme des pâturages, acquiert son plus grand développement.
Kouimjs. — Le koumys est le lait de jument fermenté.
Les premières cures qui ont attiré l'attention du public médical se faisaient en Russie, à Arenbourg, chez les Kirghiz, au nord de la mer Caspienne et en Sibérie.
Là se rendaient surtout les phtisiques, que l'on y voit encore en grand nombre, en raison des effets surprenants qu'ils retirent de ce régime, et qui se reproduisent dans la plupart des consomptions aussi bien que dans toutes les variétés de neurasthénies.
Aujourd'hui, le koumys est entré dans la thérapeutique courante des maladies d'épuisement et des affections du tube digestif ; c'est un excellent succédané
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du régime lacté pur, sur lequel il offre dans quelques cas de notables avantages.
La fermentation du lait de jument s'obtient, dans les steppes, par l'addition de farine, de millet et de levure à ce liquide, qu'on enferme dans des sacs de cuir et qu'on agite fortement, pour le retirer au bout de deux ou trois jours ; on se sert également de koumys desséché en guise de ferment. Le liquide qu'on obtient par cette opération est d'une couleur blanc bleuâtre, légèrement aigrelet et alcoolique, mousseux quand on le met en bouteilles et présentant trois degrés de force différents. Celui qui provient du lait de vache et que nous utilisons surtout en France offre les mêmes propriétés thérapeutiques (Landowsky).
La double fermentation qu'il subit a pour résultat de précipiter la caséine (fermentation acidej et de dégager de l'alcool et de l'acide carbonique (fermentation alcoolique). C'est donc une boisson gazeuse et alcoolisée, qui diffère du lait ordinaire, quand elle est fraîche, par la présence d'une proportion de 1 à 2 pour 100 d'alcool et de 0,75 pour 100 d'acide carbonique, proportion qui se trouve à peu près doublée dans le koumys de cinq mois (Stahlberg).
On le prépare ordinairement en mélangeant deux parties de lait d'ànesse à une partie de lait de vache, auxquelles on ajoute du saccharomices cerevisiœ.
D'après Dujardin-Beaumetz, on doit éviter de le donner au moment des repas; s'il est mal a/ccepté, on
en fractionne les doses ou bien on l'édulcorc avec un sirop ou du sucre en poudre. La tolérance s'établit très vite à la suite de quelques troubles intestinaux. Et, dès que les malades en ont absorbé de cinq à six bouteilles, les sécrétions urinaire et sudorale augmentent et s'accompagnent d'une odeur spéciale, les battements du cœur, d'abord accélérés, se ralentissent parfois, quelques symptômes d'ivresse se manifestent, la face se colore et prend la teinte du koumys (Nothnagel et Rossbach), le poids du corps s'accroît; il en résulte une amélioration réelle de l'état général, un retour de vigueur, une véritable reprise de la nutrition et des guérisons inespérées dans des affections qui semblaient avoir résisté à tout autre traitement.
Chez les alcooliques atteints de gastrite chronique, son emploi, de même que celui des autres laits fermentés, répond à l'indication d'éviter la suppression brusque des boissons alcooliques, car, à l'avantage de contenir une proportion plus élevée d'alcool que le kcphyr, dont cependant l'utilité n'est pas contestée en pareil cas, il joint celui de constituer une alimentation suffisante pour attendre qu'on puisse recourir au régime lacté exclusif.
Képlnjr.
Le képhyr est également un lait fermenté que les Tartares du nord du Caucase obtiennent par l'addition
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des graines de kéfîr, sorte de champignon qu'on rencontre à une altitude assez élevée. On trouve dans ces graines de grosses cellules de levure de bière, des amas de bactéries, ainsi que le dispora caucasia (Ed. Kern), qui transforme la lactose en alcool et en acide carbonique.
Pour le préparer, on ajoute quatre cuillerées de grains de kéfir dans un litre de lait frais, non écrémé, contenu dans un vase débouché ; on l'expose à une température de 28° à 32° et l'on agite toutes les heures ; on le verse ensuite dans des bouteilles qu'on évite de remplir, qu'on ferme hermétiquement et qu'on soumet à la même température, en ayant soin de les secouer toutes les deux ou trois heures. Il suffit de vingt-quatre heures pour obtenir le képhyr faible, et sa force alcoolique et gazeuse s'accroît les jours suivants ; mais, après le quatrième, son acidité s'exagère, de sorte que le plus riche en alcool qu'on puisse utiliser pour les malades est celui de trois jours.
Celui de moyenne force a la consistance de la crème; le plus fort est plus liquide. Pour le conserver à ses divers degrés, on le dépose dans la glace, qui suspend la fermentation ; on doit toujours le secouer au moins une fois par jour.
On ne saurait trop insister sur l'intérêt qu'il y aurait à porter le lait à l'ébullition avant de l'ensemencer par les grains de kéfir, car, à l'avantage d'éviter d'autres fermentations (Bourquelot), s'ajouterait celui
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d'annihiler un certain nombre de microbes pathogènes, et en particulier ceux de la tuberculose.
Bourquelot ramène les modifications subies par le lait à la double fermentation alcoolique et lactique de la lactose, ainsi qu'à la peptonisation d'une partie des matières albuminoïdes ; on note également la formation de glycérine, d'acide succinique et d'acide lactique.
Comparé au lait de vache, le képhyr moyen ne contient plus que la moitié de la lactose qu'on trouve dans le premier (20 grammes au lieu de 41 gr. 60 par litre), tandis qu'on y rencontre, par litre, 8 grammes d'alcool et 4 grammes d'acide lactique (Treschinsky). La proportion des substances albuminoïdes est également très diminuée (38 grammes au lieu de 48 grammes), de même que celle des substances grasses, surtout lorsqu'on l'écrème avant de le faire fermenter.
On comprend dès lors que sa valeur nutritive est notablement inférieure à celle du lait ordinaire, car il faudrait 5 litres de képhyr pour correspondre à 4 litres de celui-ci au point de vue des principes azotés, et 7 litres et demi environ pour représenter la quantité de substances grasses contenues dans ces 4 litres de lait. Sa valeur diurétique doit être également très amoindrie puisqu'il faudrait, pour obtenir les 166 grammes de lactose de 4 litres de lait de vache, en donner au moins 8 litres par jour.
Son grand avantage paraît surtout consister dans les
modifications subies par la caséine, qui, sous l'influence de l'acide lactique, se coagule en flocons tendres qui se mélangent facilement avec la partie liquide par la plus légère agitation; il en résulte que l'absorption s'en trouve singulièrement aidée et se fait beaucoup plus rapidement que celle des caillots durs qui résultent de l'action sur la caséine de l'acide chlorhydrique de l'estomac.
Ces chiffres me paraissent très importants à relever, ne fût-ce que pour établir que, si l'on doit recourir au képhyr, il faut savoir que c'est non moins comme aliment réparateur qu'il exerce son action, que comme boisson alcoolisée contenant une forte proportion d'acide lactique et légèrement effervescente par la présence de l'acide carbonique.
Rien d'étonnant dès lors à ce que les plus réels succès se manifestent dans le cours des maladies du tube digestif. Chez les sujets atteints d'anorexie, la cure de képhyr, continuée quinze jours à trois semaines, amène souvent de très heureux résultats, qu'on a également signalés dans certains cas de gastralgie et de vomissements d'origine très différente. Il est souvent mieux accepté que le lait par les malades atteints d'ulcère simple de l'estomac, dont il calmerait les douleurs (Lépine) ; on l'emploiera surtout dans les dyspepsies atoniques avec hypochlorhydrie, dans les gastrites des alcooliques comme préparation au régime lacté intégral. Toutes les mala-
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dies de l'inlestin justiciables du lait trouveraient peutêtre dans le képhyr un succédané précieux, en raison de sa richesse en acide lactique, à condition de ne pas compter exclusivement sur lui pour assurer la nutrition des malades. C'est, en tout cas, un bon médicament antidiarrhéique, qui paraît avoir rendu des services dans la dernière épidémie de choléra et qui mérite d'être utilisé dans la médecine infantile à ce titre. D'après Monti, on doit le mêler à des parties égales d'eau pour les enfants au-dessous de trois mois ; on en ajoute un tiers de trois à sept mois, un quart de sept à quinze mois. II est très vite toléré, augmente la diurèse, régularise les selles et se trouve indiqué dans les maladies chroniques de l'intestin, dans les maladies des reins, dans l'amaigrissement de la convalescence, dans les processus chroniques broncho-pulmonaires.
Il est plus difficile de se rendre compte des résultats favorables que lui attribuent les médecins russes dans la thérapeutique des maladies consomptives, des anémies et surtout de la phtisie pulmonaire.
Sa moindre quantité de lactose le rendrait bien préférable au lait chez les diabétiques forcés d'en faire usage; je ne crois pas que cette donnée rationnelle puisse encore s'étayer sur des documents cliniques suffisants.
D'après Maximow, le bon képhyr doit avoir la couleur du lait et l'épaisseur de la crème, sans contenir
de résidu; il doit mousser comme la bière, avoir un goût aigre-doux et piquer légèrement la langue.
Pour les enfants en très bas âge, il est préférable d'employer le képhyr maigre, préparc avec du lait écrémé. Si on veut l'utiliser dans l'alimentation des nourrissons, on augmentera artificiellement son degré de dilution et l'on emploiera avec plus de succès le képhyr préparé au moyen d'un lait bouilli additionné de 4 à 3 cuillerées d'eau par bouteille, et qui se rapprocherait ainsi beaucoup plus des propriétés du lait de femme.
Le mode d'emploi du képhyr varie suivant les états morbides contre lesquels on le prescrit.
En général, on débute par un verre, comme dose quotidienne, et l'on augmente chaque jour d'un verre, jusqu'à ce qu'on arrive à trois ou quatre bouteilles par vingt-quatre heures. Cette quantité varie, du reste, suivant la tolérance des malades.
On conseille de le boire par gorgées, légèrement tiédi, soit au bain-marie, soit au soleil.
D'après Ivanichevitch, on le fait prendre en quatre fois, la première portion à jeun, le matin, et les autres deux heures avant de manger, pour que la digestion soit à peu près complète. Et, quand les malades ne sont pas alités, de courtes promenades leur sont nécessaires, surtout après la première portion.
On choisira son degré de force d'après la nature
de la maladie et suivant l'âge des malades ; c'est ainsi que celui d'un jour convient aux sujets très affaiblis, aux enfants et plus particulièrement aux athrepsiques ; il est toutefois plus laxatif que celui de trois jours,' qui entraîne même assez souvent une légère constipation.
Il est cependant bien avéré que, dans ces circonstances, les malades en éprouvent une amélioration surprenante, qui se rapproche beaucoup, principalement pour les phtisiques, des effets du régime lacté classique, dont nous avons vu l'heureuse action thérapeutique. C'est, en effet, sur les fonctions digestives que celle-ci semble porter en premier lieu, et, tout en assurant l'alimentation et en la réglant d'une manière continue, le képhyr, comme le lait, contribue à relever la nutrition et à faciliter aux tuberculeux la lutte contre les bacilles de Koch et contre les effets de leurs produits de sécrétion. A ce point de vue, il offre encore l'avantage d'être rapidement absorbé, en raison des transformations subies par la caséine, et de ne pas nécessiter, pour être digéré, le concours de l'acide chlorhydrique du suc gastrique.
Aussi rend-il de grands services toutes les fois que se présente l'indication de modifier le chimisrae stomacal insuffisant dans le cours de la phtisie pulmonaire et permet-il, à sa première période, de combattre l'hyperchlorhydrie qui s'y rencontre avec une fréquence prédominante.
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Cependant, s'il existe un degré plus ou moins prononcé d'ectasie avec tendance à la fermentation lactique, il sera préférable de modifier préalablement cet état, que le képhyr pourrait aggraver en raison de la grande quantité d'acide lactique qu'il contient.
Par son emploi, qui doit être prolongé avec persévérance et, suivant les cas, pendant un à deux mois, on le voit amener des résultats étonnants, surtout chez les sujets dégoûtés de toute alimentation ou qui présentent une intolérance à peu près complète de l'estomac. Il serait alors d'autant plus indiqué que les malades refuseront d'accepter le moyen qui réussit dans presque tous les cas de cette catégorie, c'est-àdire l'introduction des substances alimentaires par la sonde de Debove. Au bout de quelques jours, les phtisiques commencent à manger, la toux diminue d'intensité, l'expectoration se réduit d'une manière très appréciable, et, comme corollaire d'un abaissement graduel de la température et des poussées fôbriles^ se produit un état de bien-être dont l'un des plus rapides effets consiste dans le retour du sommeil, qui résistait antérieurement à tous les hypnotiques. En même temps, la diarrhée s'atténue, puis disparaît, et ce n'est pas là le moindre bénéfice de cette cure au point de vue de son action sur la nutrition, car, des ce moment, l'amaigrissement se suspend et peut faire place à une augmentation de poids qu'on a relevée chez de nombreux sujets.
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Nos confrères russes affirment môme que, si le traitement est suivi rigoureusement, les signes stéthoscopiques arrivent à se modifier dans un sens favorable et peuvent même disparaître au point de faire croire à la guérison, ce qui du reste ne saurait nous surprendre si l'on se reporte aux considérations exposées antérieurement sur l'influence de la cure lactée chez les tuberculeux.
Galazyme.
On donne le nom de galnzyme au lait dont on provoque la fermentation par l'addition de sucre de canne et d'une levure; c'est un produit qui se place naturellement à côté du koumys et du képhyr, et dont les applications cliniques ont été vulgarisées par M. Dujardin-Beaumctz et ses élèves. On trouvera tous les détails qui s'y rapportent dans les thèses de Saillet (J886) et de Dinitch (1888).
D'après Deschiens, il suffit pour le préparer d'ajouter à un litre de lait une dissolution de 10 grammes de sucre et de 4 grammes de levure haute de grain dans une petite quantité d'eau; la fermentation alcoolique se développe rapidement dans les récipients hermétiquement fermés, et l'on trouve le lendemain une boisson mousseuse, aigrelette, chargée d'acide carbonique et contenant environ 1 pour 100 d'alcool ; d'où la dénomination de lails de Champagne, qu'il est bon de leur conserver.
LAITS FERMENTES 195
C'est un breuvage peu agréable, qu'on regarde comme tonique et qui se trouve indiqué dans les mêmes conditions que les autres laits fermentés, surtout chez les alcooliques. On en prescrit généralement d'un à quatre verres, suivant la force des malades, qui ressentent d'autant plus facilement les premiers symptômes do l'ivresse qu'ils sont plus débilités. Il serait indispensable de le débarrasser des micro-organismes qu'il peut contenir, condition indispensable pour en conseiller l'usage sans restrictions.
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
Définition, division 1
Historique 2
Propriétés physiques et chimiques.
Laits anormaux 1
Coagulation 8
Le lait suivant les espèces animales 9
Influence de l'alimentiition sur les qualités du lait.. 11
Transformations du lait dans le tube digestif 15
Action retardante sur les fermentations et les putréfactions intestinales et sur la production des toxines. 18 Valeur alimentaire 21
Microbes du lait ; leur rôle dans la transmission des maladies infectieuses 26
Laits colorés 35
Passage des substances toxiques et médicamenteuses dans
le lait '. 36
Les lacto-fo.xines 40
Moyens d'annihiler les effets des microbes :
Ébullition 41
Pasteurisation 42
Slérilisalion 44
TABLE DES MATIÈRES
Lait condensé ou concentré 49
Modes d'administration du lait 51
Inconvénients du régime lacté 54