‹ Le régime légal de l'enseignement en HollandeChapitre 30 sur 197 · SA · texte numérisé non relu

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Ce qui frappe immédiatement en parcoutant les chiffres de ce tableau extrait des documents du Bureau central de statistique (1), c’est la différence entre les absences non motivées aux écoles publiques et celles aux écoles privées. Dans la même publication (2), on s’aperçoit qu’en 1903, aux écoles publiques, le pourcentage par rapport aux temps de classe était: de 1,49 pour les absences non motivées, 5,37 pour les absences motivées et 6,86 pour toutes ensemble, tandis qu'aux écoles privées, il était respectivement de 0,83, 4,55 et 5,38. D'où il s'ensuit qu'à tous points de vue, les écoles privées sont plus régulièrement fréquentées que les écoles publiques. |

Le fait est à tout le moins singulier et il ne date pas d'aujourd'hui. Déjà, en 1876, M. Steyn Parvé le constatait (3) et il l’expliquait par cette considération que « les écoles libres sont surtout établies dans les villes ou dans les grands centres de population, tandis que dans les communes rurales où la fréquentation scolaire souffre le plus par les travaux des champs qui enlèvent les enfants à l’école, au printemps, à l'été et surtout en automne, l'instruction est à quelques exceptions près donnée dans les écoles publiques ». Cette raison avait certainement sa valeur en 1876, mais elle ne l’a plus autant en 1903 où pour 1.131 communes, il existait 1.560 écoles privées. Cela paraîtra davantage encore si nous examinons la proportion des absences illégitimes pour

(4) Statistiek van het Betrekkelijk Schoolverzuim in -1903 en van het Volstrekt Leerverzuim op 45 January 1904, pp. X-XIII.

(2) Zbidem, p. VIH.

(3) Steyn Parvé, Organisation de l'instruction dans le r crue des à BObsp lie

les écoles publiques et pour les écoles privées dans les villes de plus de 20.000 âmes et dans les autres communes (2) :

Nombre | Absences. illégitimes SORTES D’ÉCOLES e par 40.000 temps d'écoles FRE

Ecoles Villes de plus de 20.000 habit.| 586 84,89 publiques Autres communes 2.606 184,98

Ecoles Villes de plus de 20.000 habit.| 454 33.59 privées Autres communes... 1.406 104,11

Comme on le voit, la proportion reste invariable et aussi bien dans les petites et moyennes communes que dans les vingt-quatre grandes villes de plus de 20.000 habitants, l’avantage de la régularité se manifeste en faveur des écoles privées. Il faut donc chercher une autre explication. Des différentes personnalités que nous avons interrogées à ce sujet, les unes nous ont répondu que les parents envoyant leurs enfants aux écoles privées prenaient dans leurs sentiments religieux, qui précisément motivaient cette préférence, une conscience plus forte de leurs devoirs vis-à-vis de leurs enfants ; d’autres, tout en rendant hommage au zèle des instituteurs publics, trouvaient qu'ils nefaisaient pas preuve de la même initiative et ne multipliaient pas, comme les instituteurs privés, leurs efforts pour la fréquentation continue de leurs écoles ; d'autres encore estimaient que les comités fondés pour soutenir les écoles libres et prenant, à tâche, aidés

(2) Statistiek, pp. XXIV et XXV.

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du curé ou du pasteur, de veiller avec une sollicitude constante à la bonne fréquentation de leurs écoles en étaient la principale cause. Il y a probablement un peu de toutes ces raisons — surtout de la dernière — et peut-être faudrait-il tenir compte de quelques autres encore de moindre importance. En tout cas, nous avions en terminant cette étude rapide de l’obligation scolaire et de ses résultats, le devoir de signaler le fait en toute impartialité.

Au dessus de l’enseignement primaire ordinaire, le continuant et le complétant, s'étend l’enseignement primaire supérieur. Mais cet enseignement ne rentre pas dans les cadres de la législation hollandaise Il n'y a pas été prévu ni réglementé. Les auteurs des lois scolaires, et en particulier Thorbecke, avaient dressé tout un système de constructions étagées : au bas, pour le peuple, lécole primaire ; plus haut, l’école moyenne ou école bourgeoise pour les classes un peu plus élevées ; enfin, au sommet, le gymnase et l’université pour les intellectuels.

La pratique est venue déranger ce plan théorique et idéaliste. L'école moyenne n’a pas eu, en certaines de ses parties, le succès que l’on espérait et, par contre, entre les deux étages inférieurs, s’est glissée une forme nouvelle : l'enseignement primaire supérieur. De ce côté, s'est portée immédiatement une partie de la faveur du public. Les motifs en étaient que cet enseignement était plus

facile à donner que l'instruction moyenne, car il n’exigeait ni laboratoires, ni cabinets scientifiques et il ne réclamait pas la présence de nombreux professeurs spéciaux, que le programme en était plus précis et moins touffu, enfin qu'il jouissait d'une plus grande liberté de mouvements. |

De la sorte, les écoles pour un enseignement primaire plus développé, voor meer uitgebreid lager orderiwirs, comme on dit là-bas, ou M. U. L. O:, comme on écrit par abréviation, se sont peu à peu multipliées en marge de la loi. Tantôt écoles préparatoires à l’enseignement moyen ou supérieur, tantôt dispensant des connaissances plus étendues aux jeunes gens qui ne veulent pas pousser plus loin leurs études, tantôt se rattachant étroitement à l'enseignement primaire et tantôt se différenciant à grand peine de l’enseignement moyen, elles présentent'là plus grande (liversité. Cependant, en général, elles offrent ce trait caractéristique qu'elles s’attachent davantage à l'étude approfondie des langues vivantes que la multiplicité des matières dans les écoles moyennes ou dans les gymnases ne permet pas d'aborder avee tout le temps et toute l’ampleur nécessaires. De plus:en -plus, elles tendent « à s'étendre à ceux pour qui l’enseignement primaire ordinaire ne fournit pas une préparalion suffisante à leur carrière sociale, bien qu'ils aient aucun besoin de l’enseignement moyen ou supérieur »...

Mais aux yeux du législateur, elles apparaïssent seulement comme des écoles primaires ordinaires. Elles reçoivent des subsides comme telles et suivant la même mesure. Eltes sont soumises aux mêmes règles et jouissent des mêmes droits pour tout ce qui rentre dans l’enseignement primaire ordinaire. Pour ce qui dépasse cet

enseignement, la loi les ignore et elles restent complètement libres, ne subissant aucune entrave ni pour le choix des matières, ni pour la réglementation des cours, ni pour les méthodes d'enseignement.

Pourtant, leur importance sans cesse grandissante a forcé le législateur à s’apercevoir qu’elles existaient avec un caractère différent des écoles ordinaires, qu’elles remplissaient une fonction dans le pays et qu’elles méritaient sa sollicitude. Aussi, le ministre actuel, M. Heemskerk a-t-il cru le moment venu, le 10 juillet 1909, de déposer un projet de loi en leur faveur. Ce projet a pour but unique de leur procurer les subsides de l’Etat dans une mesure plus large qu'ils ne sont accordés aux écoles primaires ordinaires. Il part de ce principe très juste que l'enseignement primaire supérieur dure plus longtemps et comprend plus de matières, puisqu'il comporte d’ordinaire neuf années d’études et au moins deux langues étrangères, que, par suite, il lui faut un plus grand nombre d’instituteurs, et il en conclut à une augmentation du nombre des instituteurs ayant droit au minimum de traitement légal.

. C’est ainsi que les écoles de moins de 91 élèves auraient droit au remboursement du traitement légal pour trois instituteurs au lieu d’un seul et pour quatre instituteurs au dessus de ce chiffre au lieu de deux ou de trois.

Mais, pour avoir droit à cette augmentation de subsides que le ministre estime dans son exposé des motifs s'élever pour l’ensemble des écoles primaires supérieures à environ 450.000 florins, il faut que ces écoles remplissent certaines conditions, qu’elles aient au total un cycle de de neuf années d’études, soit qu’elles existent indépendamment, soit qu’elles se greffent sur la 4”, la 2° ou la

3° année d’une école primaire ordinaire, qu'elles comportent, en outre, l’enseignement de deux langues étrangères et de la physique et que dans chacune des trois classes supérieures, elles y donnent l’instrüction pendant huit heures au moins par semaine.

Telle est l’économie du projet Heemskerk qui ne saurait tarder longtemps à passer à l’état de loi. Il marque un progrès réel, car il constitue un encouragement sérieux à l’enseignement primaire supérieur. Mais il ne le définit, ni ne l’organise, ne voulant pas empiéter sur les attributions dela Commission nommée en 1904 par le ministère Kuyper pour la réorganisation complète de l’enseignement en Hollande. |

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