Notions générales
L'enseignement secondaire qui porte en Hollande le nom que nous lui conserverons d'enseignement moyen (middelbaar onderwijs) devait, dans la pensée de Thorbecke, son créateur, « former cette nombreuse bourgeoisie qui, tendant au dessus de l’enseignement primaire, à des connaissances plus générales, plus développées et plus raffinées, se prépare aux diverses fonctions de la société industrielle ».
Il constitue donc un enseignement intermédiaire entre l’enseignement primaire et l’enseignement supérieur, qui n'est pas une préparation à ce dernier, mais qui aboutit à des carrières spéciales. C’est pour cela que, fait caractéristique, il ne comprend pas les écoles latines, les gymnases, que la Constitution elle-même range parmi l’enseignement supérieur, et il ne lui reste qu’une place assez restreinte entre les deux degrés extrêmes de l'ins truction.
« En donnant à l’enseignement primaire, disait le ministre Thorbecke, dans l’exposé des motifs de la loi de 1863, le nom d’enseignement populaire, parce que, première base de toute éducation, ilest destiné à tous, eten rappelant que l’enseignement supérieur n'est destiné qu’au petit nombre de ceux qui, pour pouvoir exercer une profession libérale, ont besoin d’une préparation spéciale, il ressort que l’enseignement moyen, qui tient le milieu entre ces deux enseignements, a pour but de donner aux représentants de la classe moyenne auxquels l’enseignement primaire ne suffit pas, les connaissances générales dont ils auront besoin dans la vie et de les préparer plus ou moins aux professions commerciales et industrielles. »
L'enseignement moyen était de la sorte primitivement destiné à donner aux élèves, non pas la théorie et la pratique des professions qu'ils seraient appelés à exercer plus tard, mais une culture générale qui devait leur rendre le plus de services possible dans les différentes professions. Ce n’était pas un enseignement professionnel que la loi de 1863 organisait, bien que certaines branches comme l’enseignement agronomique et l’enseignement polytechnique s’y rattachassent ; et les écoles moyennes créées par elle n’avaient pas en vue une industrie spéciale, elles avaient uniquement pour but de développer les facultés intellectuelles des élèves de façon à pouvoir mettre plus tard en application les données scientifiques générales acquises.
Seulement, il arrive assez souvent que les constructeurs de systèmes se heurtent à la réalité et qu’au bout de quelque temps, par suite de ce contact avec les faits, la construction élevée de toutes pièces suivant un plan
préconçu ne présente plus complètement le même aspect; car, il est difficile de commander aux événements et de prétendre renfermer dans des formules doctrinaires le cours de la vie. Ainsi en fut-il pour l’enseignement moyen: les écoles professionnelles qui occupaient une place accessoire ne tardèrent pas à prendre une importance inattendue, tandis que les écoles à culture générale ne répondirent pas aux espérances du législateur.
Mais cette évolution se fit pour ainsi dire en fraude de la loi, à côté d’elle, et les écoles bourgeoises (burgerscholen) demeurent pour elle le type préféré et presque exclusif dés établissements d’enseignement moyen. A côté de leurs variétés (écoles moyennes inférieures et supérieures), elle ne désigne, en effet, comme dispensant l'instruction moyenne, que les écoles d'agriculture et aussi l'école polytechnique que la loi du 22 mai 1905 a transportée sous le non d'école supérieure technique dans l’enseignement supérieur. Mais d’autres écoles sont venues s'ajouter à cette nomenclature : écoles professionnelles, industrielles, commerciales, agricoles qui ont pris une extension considérable, sans parler des écoles pour les armées de terre et de mer qui sont régies par des lois spéciales.
Quant aux matières dont l’enseignement moyen se compose, la loi reste volontairement dans le vague : ce sont, dit-elle, «celles qui sont enseignées dans les écoles régies par ses dispositions ». Elle en donne bien ensuite une énumération pour les écoles qu’elle a prévues, mais les mêmes matières peuvent se retrouver soit dans l’enseignement primaire, soit dans l’enseignement supérieur; et c’est alors le difficile de juger d’après ce critérium le caractère de l'établissement où elles sont enseignées. En
tout cas, ce qui paraît au premier abord, c'est qu'il ne faut pas tant considérer en elles-mêmes les matières portées au programme que dans leur étendue, dans leurs rapports entre elles, dans le but de l’ensemble qu’elles forment et dans les conditions requises des professeurs qui les enseignent. Au cas de doute encore, on pourra prendre en considération l’âge des élèves : au seuil des écoles moyennes, en effet, bien qu’il n'y ait pas d'âge légal fixé pour l’admission, il faut un certain bagage de connaissances ; et ilest très rare de le voirfranchir par les élèves avant douze ans, tandis que les écoles primaires acceptent d'ordinaire les enfants à l’âge de six ou sept ans. La classification d’un établissement dans l’une ou l’autre branche de l’enseignement est, du reste, une question de fait qu'au cas de contestation la Reine tranchera par décret, mais elle est particulièrement délicate parfois; car certaines écoles peuvent, par suite de l’imprécision légale se ranger aussi bien parmi les écoles primaires supérieures que parmi les écoles moyennes.
Comme l’enseignement primaire, l’enseignement moyen peut être donné soit à l’école soit à domicile, dans la famille ; et pour savoir où s’arrête la famille et où commence l’école, la loi admet la même ligne de démarcation. Tant que l’enseignement ne s’adresse .qu’aux enfants de trois familles, il y a enseignement à domicile ; au dessus de ce chiffre, il y a école et l'instruction est soumise aux prescriptions de la loi concernant les écoles.
‘elles-ci peuvent être de deux sortes : publiques ou privées. La loi les reconnaît toutes et édicte pour chacune de ces deux catégories des règles spéciales en même temps que des règles communes. ;
Les règles communes se rapportent aux professeurs, à l'inspection de l’enseignement et aux diplômes de fin d'études.