SACERDOCES LOCAUX
« aimé, favori ou féal » de Khnoum et de Hiqit de Ilouïrit (Spéos Artémidos), ainsi que de Hâthor de Nofrious ^ De même, dans le nome du Lièvre, le sire du nome, Ahanakhti, est « chef des pro- » phètes de Thot, seigneur de Khnoumou », et grand-prêtre de Thot^; après lui, le grand supérieur baron Thot-hotpou est « grand des cinq fc'esl-à-dire grand-prêtre) dans la demeure de » Thot, lecteur en chef, exaltateur des biens sacrés, gouverneur » primat des trônes et des pagnes, directeur des prophètes, prêtre » sam^ etc. » ^
Par leurs femmes, ces personnages achèvent de mettre la main sur les cultes locaux. La mère de Sironpouït, baron de Syène, Satihotpit, et sa femme Khnoumoutatat sont prophétesses d'Hâthor*. Dans le nome de la Gazelle, nous voyons la femme d'Amoni,IIotpit, « prophétesse d'Hâthor dame de Nofrious, féale à Hâthor d'Arit » et dans toutes ses demeures, prophétesse de Pakhit, maîtresse- » sam » ^ ; la femme de Khiti, Khnoumhotpouit, se nomme « féale dTIàthor dame de Nofrious y>^; et la mère de Noutrinakht, Arihotpou, est « prophétesse d'Hâthor d'Arit » ^
Sous le deuxième empire thébain. ce cumul de fonctions religieuses et civiles persiste. Montouhikhopchouf, gouverneur d'Adféh (x^ nome), sire du Serpent, et comme tel sire de tous les districts du Midi, est en même temps « chef des prophètes » ^ Voire, les barons féodaux consacrent à la religion le temps et l'activité que leur laissent sans emploi la paix et l'extension de l'autorité royale ^ A Thèbes même, le nomarque Rekhmarâ ne prend
« Hypogée de Khiti à Béni-Hassan (L. D, 11, 142. d-i; R. Tr,, I, 179).
2 Mour noutir hoiiou..., oudb àd : Tomb. d'Ahanakhti à Berchéh [R. Tr., XIII, 192).
3 Tombeau de Thot-hotpou à Berchéh (L. D., 135 a et b ; ii. Tr., I, 179. * Hypogée de Sironpouït à Assouan (R. Tr., X, 190).
ô Hypogée d'Amoni à Béni-Hassan (Champoluon, Not. II, p. 434).
6 Hypogée de Khiti à Béni-Hassan (L. D, II, 112 c).
7 Hypogée de Noutri-nakht à Béni-IIassan (L. D., II, 112 o; R. Tr„ I, 180).
8 Tombeau de Montouhikhopchouf à Thèbes [M.M.C. V, 437). — De même Amonhotpou-Houi, prince d'Athribis, ministre des milices et des monuments, chef des troupeaux d'Amon du midi et du nord, et aussi chef des prophètes d'Horus-Khontkhaïti patron d'Athribis (Stat. de Karnak, Legrain).
3 Cf. (Maspero, h. 0., Jl, 488-48'J) : les princes de Thinis (Anhourimés, grand-prêtre d'Aahour-Shou : Mariette, M. D., p. 26-27, pi. 78), de Siout (Nana : Gwffith, Siut, 18-19), d'Hiéracônpohs (Horimès, premier prophète d'Horus : Bodriant, Tomb. d'Hiéracônpolis, p. 39-40), d'Akhmîm, d'El-Kab, etc.
aucun titre religieux en dehors de celui de prophète de Mâït, en tant que ministre de la justice ; néanmoins, il concentre tous les pouvoirs traditionnels en matière de culte : pouvoirs administratifs, car il « donne la loi aux prophètes et guide les prêtres pour » ce qu'ils font » ; il « inspecte tous les ouvrages... et les » offrandes » ; il « affermit la règle dans les temples » ^ ; pouvoirs spirituels aussi, car il « conduit les fêtes religieuses et les » panégyries où il guide les vivants vers l'éternité » -.
Sous la XXI® dynastie, quand les grand s- prêtres d'Amon héritent dans la Thébaïde de l'ancien domaine propre des rois, leurs femmes héritent des titres et dignités des reines : elles sont « di- » vines épouses » et « divines adoratrices » d'Amon. Quelquesunes collectionnent les titres de cultes locaux. Telles Honttoouï, femme de Pinozmou l"^ Isimkhobiou et Nsikhonsou, épouses de leur oncle le grand-prêtre Pinozmou 11*, possédaient les principaux sacerdoces des déesses ou même des dieux de huit au moins des nomes de la Thébaïde. Sous les dynasties suivantes, les « di- » vines adoratrices d'Amon », mariées ou non aux souverains Éthiopiens ou Saïtes, remplacent les grands-prêtres et sont les véritables maîtresses de Thèbes et de la Haute-Egypte ^
Le soin de la construction et de l'entretien des temples, ou des réparations à y faire, revient encore aux chefs de nome, en vertu de pouvoirs analogues à ceux qu'exercent près du roi, pour la capitale et le royaume entier, les ministres des travaux pubhcs, (( exécuteurs des travaux illustres du maître de la double terre »,
1 Tombeau de Rckhmarâ (M.M.C., V, p. 12 et 64, pi. xvi et xviii).
2 Ibid. (L. D., III, 39 ; M.M.C., V, p. 12 et 43, pi. viu).
3 Ayant passé à sa fille le titi'e de « divine épouse », Honttoouï demeurait à sa mort « grande chanteuse d'Amon », « divine mère », « prophétesse » et « chef du temple » de Khonsou, « prophétesse » et « supérieui-e des nourrices » de Maout, enfin hors de Thèbes, prophétesse d'Anhour-Shou de Thinis. Ses cercueils (Maspero, M.M.C, I, 576 et 690-6'Jl).
* Outre le titre de « grande supérieure en chef des chanteuses d'Amon » et autres titres thébains ou thinites précités, elles portaient ceux de « prophétesse », d'Amon d'Aaroudit (Béni-Hassan, 16» nome), d'Hâthor de Kous (Cusœ, 14»), d'Hor de Douf (Iliéracônpolis, 12°), d'Osiris, Ilorus et Isis d'Abod (Abydos, S»), de Khem d'Apou (Panopolis, 9«), de Nekhabit de Nekhen (Eilithyïa, El-Kab, 3^), de Khnoum de Khobil (Eléphantine, 1°'' nome). Ganopes et stèles de Nsikhonsou (Miss Edwards, K. Tr., IX. 80, 85); cercueils au nom des deux princesses (Maspero, M.M.C, I, 578 et 712-714).
5 Cf. Maspero, M.M.C. ; l, 747-764 ; H. Or., III, 165, 490.