‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 2)Chapitre 13 sur 184 · CONSTRUCTIONS : TEMPLES, PALAIS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS : TEMPLES, PALAIS

du papyrus HoodS ou « chefs de tous les travaux du roi » -, des textes de Taiicien empire.

Ce sont là des fonctions sur lesquelles les épitaphes insistent avec prédilection ^ On comprend cette insistance : en effet, le soin des temples rehausse le culte des dieux, fait descendre sur le roi les bénédictions célestes, embellit les villes, y attire le commerce avec les pèlerias. En travaillant pour les dieux, on sert bienTétat. N'est-ce pas le sens de ces mots de Sironpouït : « J'ai rempli le » cœur du roi dans le palais, dans le temple et la demeure de » Sati*. » Le bon administrateur trouve donc là le moyen, en satisfaisant sa piété, de contenter tout le monde et son roi.

I 4. — Travaux publics.

Entre tous les ministres des volontés royales, ceux qui, architectes ou ingénieurs, s'occupent des constructions d'arts, jouissent d'un privilège spécial. Leurs œuvres parlent sans cesse aux yeux en leur faveur. La pierre amoncelée en pyramides ou en pylônes, dressée hardiment en obélisques ou colonnes, étendue en longues murailles ou creusée en syringes, puis polie, sculptée, peinte, ornée d'or ou d'émaux, atteste, mieux qu'un plaidoyer éloquent ou poétique, la qualité de leurs talents, la profondeur de leur zèle, l'ardeur de leur amour.

Le roi désire de beaux palais. Ne sera-t-il point reconnaissant envers qui les lui construit ?

La pensée de l'Égyptien est durant toute sa vie orientée vers la tombe : le roi veut la sienne magnifique. Quel gré ne saura-t-il pas à qui rassemblera de loin les matériaux précieux pour en édifier un monument digne de lui, confortable pour son existence future et le glorifiant aux yeux de la pos-

1 Iriou katou kouït nib tooui (Pap. Ilood. 1. 15).

- Mirou katou nibt nte souton.

3 Cf. infra, p. 458.

* Tombeau de Sironpouït, Assouan [R. Tr., X, 188).

térité ?* Les Dehouben-, les Ouni^ les Merri*, les Amonhotpou^ lesSanmout^ les Thoti"^, les Nakhtkhem^ les Maïa^ et autres, ingénieurs, architectes ou ministres, virent pour cela leur faveur monter au comble.

L'orgueil et la dévotion, la piété filiale et la raison d'Etat demandent au roi de soigner les demeures des dieux. Comment ne serait-il pas satisfait des habiles gens qui, en son nom, construisent de nouveaux temples, restaurent et embellissent les anciens. Nous avons vu les travaux exécutés pour les dieux d'Abydos attirer des honneurs à Amonisonbi de la part du roi ^°. Bien d'autres éprouvent les mêmes joies et immortalisent sur leurs statues ou sur leurs stèles des souvenirs analogues**.

1 Cf. Maspero, Qq. termes d'architectures [Pr. S.B.A., XI, 309, sqq. B.Eg.YUl, 335-348).

2 Dehouben, architecte de Mycérinos (Menkaourâ) le pharaon de la 3""» pyramide de Gizéh (L. D., II, 37 b ; Sethe, Urk. I, 18-21).

3 Ouni a construit les pyramides de Pépi I" et de ses fils (Stèle d'Abydos, Caire, n» 886 : Maspero, B. Eg. VIII, 340-347). Gt., supra, ch. vm. p. 325.

* Merri contruisit le tombeau de Sénouserit I", \w à. (Stèle du Louvre G 36 ; Maspero, Mél., I, 221-222, B. Eg. I, p. 3, 15-17, 40).

s Sanmout, architecte et statuaire d'Hâtehopsou, éleva les obélisques de Karnak : Graffite d'Assouan (L. Z)., III, 25 ^is q ; de Morgan, Cat. Mon,, I, 41; Sethe, Urk. IV, 41); Statues à Berlin et à Karnak (/. c, supra, p. 348, n. 8 et 9) ; cénotaphe à Silsiléh (Legrain, Ann. Serv. IV, 193-197 ; Sethe, Urk. IV, 397-398) ; inscriptions de Déïr-el-Bahari (Dumichen, h. /., II, 34; Naville, D.-el-B., p. 19, pi. 65-66; Newberry, Pr. S, B. A., XXIV, 248 ; Sethe, Urk., IV, 365, 381, 416).

6 Amonhotpou-Houi, ministre des monuments royaux sous Aménôthès III, édifia les colosses de l'Aménôthéïon, célèbres depuis sous le nom de colosses de Memnon (Stat. de Karnak : Mariette, M. D., pi. 37, 1. 39-43). — Un autre Amonhotpou, son contemporain, lut comme lui architecte, vizir et favori du roi (stèle de Silsiléh : Legrain, Ann. Serv.. IV, 193-197).

7 Thoti, architecte et trésorier d'Hâtehopsou, collaborateur de Sanmout, travailla à Karnak, aux obélisques, au sanctuaire de granit et au temple de Déïr-el-Bahari : Stèle Northampton (Spiegelberg, R. Tr., XXII, 115-125; Sethe, Urk.,\W, 419-431); autre stèle (Sethe-Newberry-Spiegelberg, Gi^ab des Thuti; Sethe, Urk., IV, 431-441), cf.swpm, ch.x, p. 426.

8 Nakhtkhem construisit le temple funéraire d'Aï (Louvre G 55 : Pierret, II, 90).

9 Maïa fut le grand ingénieur d'Harmhabi (Legrain, Ann. Serv., IV, 213-218).

10 Stèle d'Amonisonbi, Louvre G 12 (Gf. supra, ch. vin, p. 329 et 341).

" Ilornakht, ancien empire, « serviteur fidèle, aimé du roi » : «J'ai dirigé les travaux de » tous les temples de la maison royale, mon maître m'envoya en mission de confiance » (St de Turin, 2 : Orcurti, Cat., 30; R. Tr., III, 114). — Montouhotpou, xii^^ d. : « J'ai » exécuté des travaux dans le temple, en construisant son enceinte, en creusant et » bâtissant un puits d'après l'ordonnance du roi » (Stèle d'Abydos, au Gairc, 1. 22 : DE RouGÉ, /. H., pi. 304; Piehl, R. Tr., II, 127). — Rekhmarâ, xviii» d. : « Tous les rao- » monuments des seigneurs, les temples des dieux du S. et du N. ont été faits aussi » bien et parfaitement que possible en suivant exactement les désirs (du roi) dans l'exé- » cution. Le dieu l'a glorifié à cause de cela; il lui a donné l'or de la faveur pour l'exal- » tationde sa perfection. » [M. M. C, V, pi. 44, p. 164-165). — Souti et Ilor, xviix« d. : « Mon maître m'a confié la direction de tes monuments ; j'y ai veillé en personne ; j'ai » agi en directeur sévère de tes monuments ; j'ai fait la vérité de ton cœur. » (Stèle, 1. 15-16 : Pierret, R. Tr., I, 71-72). — Nsi-Hor, à Éléphanline (Louvre A 90 : Pierret,

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