SAGESSE, RENSEIGNEMENTS SURS
» estimé dans l'intérieur du palais, pondéré dans le pessimisme (?), parfait de parole »... Il « savait tout ce qu'il y avait dans les intestins et il appréciait l'homme selon sa » valeur » i.
Les intimes du roi le renseignent : ils sont « ses yeux » et « ses D oreilles^ » et « Tinstruisent lui-même^ ». Ils « remplissent ses » oreilles de tout ce qui convient^ ». Ils lui apportent les bruits et les nouvelles du dehors, les plaintes et requêtes des administrés, les rapports officiels des fonctionnaires et les rapports secrets sur ces mômes fonctionnaires, liamsès XII envoyant le majordome Inousa accomplir une mission en Ethiopie charge le vice-roi Pinahsi de stimuler et de surveiller son agent ; en même temps il l'avertit qu'il « envoie pour l'examiner » lui-même en cas de négligence ^ De cette surveillance on trouve des traces, même à l'époque ptolémaïque et romaine*^. Un fonctionnaire écrit à un de ses mférieurs et le prévient qu'il le suit des yeux^ àKoXovQovyrà Goi ofâaX/xoïç. « Tous les officicrs font leur rapports » à Antef. Montouhotpou « fait parvenir les paroles au palais^ ». Se taire sur ce qu'ils savent « serait un crime » dit un préfet ^ « une chose » inouïe, inimaginable », dit un roi. A la suite d'un songe où Thot l'avertissait de dégâts dans un temple, le roi Nesbitat (Smendès) appelle ses ingénieurs et les gourmande ainsi :
« Si je vous adresse ces paroles moi-même, c'est qu'il n'y a pas, au temps de Ma » Majesté, de choses extraordinaires à l'égal de me garder dans l'ignorance... (et de » cacher à ma) sollicitude le fléau qui y est... (C'est une faute) que d'ignorer des faits » pareils par l'importance en dehors du souverain'". »
L'erreur ne vaudrait guère mieux que l'ignorance : transmettre au roi des renseignements incomplets ou inexacts attirerait un blâme mérité. Dans sa deuxième campagne contre les Khétas, Ramsès II en vit bien le danger : par des espions il apprit les
1 stèle de Montouhotpou à Abydos, Musée du Caire, xn« d., v 1. 5 et r» (Mariette, Abydos, catal, 617 ; Daressy, R. Tr., X, 148. Cf. Brugsch, H.d'Eg, p. 92).
2 Cf. supra, ch. vi, p. 215-246,
3 Inscr. de Tenna (Piehl., H. L, pi. 108, p. 87).
* Meh ànkhou-f m mdït : Tombeau d'Amou-ni-zéh [R. Tr., VII, 42). 5 Pap. Turin (Chabas, Et., p. 142).
* Cf. Letronne, Lettre à Passalacqua; Catal. Passalacqua, p. 276. 7 Chabas, Mél. IV, p. 15. p. 2.
* Stèle de Montouhotpou, v, 1. 5 (loc. cit.).
9 Cf. .mpra, p. 247 et 304.
10 Inscr. de Gébéléïn, 1. 7-9 {R. Tr., X, 135-137).
mouvements des ennemis dont ses gouverneurs ne l'avaient pas averti. II réunit son conseil de guerre et lui déféra les rapports de ces chefs de brigades et commandants de pays :
« C'était leur devoir d'informer Sa Majesté exactement » et ils ne savaient rien. Les faits exposés, « les généraux qui étaient en présence de Sa Majesté répliquèrent que » c'était une faute énorme qu'avaient commise les gouverneurs de Pharaon v. s. f., en » né se faisant pas instruire sur les lieux où se trouvait le misérable Khéta » '.
Outre les pensées personnelles du roi, son gouvernement, sa police et ses tribunaux comportent bien des mystères. Le roi initie à tous ses secrets les grands qui possèdent sa confiance. Ainsi Ptahchopsès le jeune « fut sage aux yeux de Sa Majesté, trou- » vaut la voie dans tous les secrets du palais, estimé de Sa » Majesté - ». Plus tard, un prince d'Hermopolis, Ahanakhti, se dit « Fami unique, sans second, qui entend les discours seul à seul, » rintime de son maître en vérité^ ; » à Montouhotpou et à Sehotpouabrâ « on dit les paroles secrètes »'*; Antef « parle sur » toute chose dans le lieu du secret ^ » ; le baron Tenna, majordome du roi, « écoute les paroles de la demeure secrète » et « on lui dit » toutes choses à cause de ses grands mérites auprès du roi "^ » ; le baron Harmhabi, « chef des secrets du palais royal », « écoute » ce qu'on ne doit écouter qu'en tête à tête » '. Ce titre de « chef » des secrets » (her secheta) se rencontre fréquemment dans les inscriptions de l'ancien empire, appliqué à des fonctionnaires de divers ordres. Parfois, il se complète en « chef des secrets pour » l'audition confidentielle^ » et s'associe à des allusions judiciaires ^ La biographie d'Ouni contient l'exemple le plus précis :
1 Bulletin do la bataille de Kodech, Ibsamboul, 1. 22-29 {R. Tr. VIII, 128-129).
2 Tomb. de Ptahchopsès à Saqqarah, v« d, (de Rougé, Six, dyn., 113).
3 Sodem moudlou m oud Tomb. à Berchéh, x-^ d., 1. 16-17 [R. Tr., XIII, 188-189). * Loc. cit., p. 441-443.
6 Stèle d'Antef, Louvre G 26.
6 xviii» d. PiEHL, //. /., pi. 188, p. 87).
7 Saqqarah, xix« d. (Mariette, M. Z)., pi. 75, p. 23).
8 Her necheta n sodemt oud : Tomb. de Zaou, v d. (Béni-Mohammed-el-Kouiour : R. Tr., XIII, 68-71): Nenka (.W.TI/.C, I, 196, 382, pi. vu); Stèle de Montouhotpou, xn» d. Louvi-e G 176 : Piehret, Rec, II, 35; Piehl, l.-H. pi, 26 r., p. M). — Her secheta n sodemt oud m astou khen : Keranef-Horbeka, xxx" d. (Piehl, I.-H., pi. 88 b, p. 75). — Cf. Spiegelberg, r. Tr., XVI, 28-29. — On trouve aussi un her secheta n maat, chef des secrets de l'inspection (Stèle de Leyde, V, 4), ce qui fait identifier par Piehl (I.-H., p. 31, n. 1) ces titres à ceux de miriti n souten et dnkhou n bat, yeux et oreilles du roi. ■
9 « Khennou était « chef des secrets des paroles des on dieu » et « jugeait (m. à m. pesait) » les paroles avec lui dans le lieu où l'on juge les paroles » (Mariette, Mast. 185 ; Moret,