‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 2)Chapitre 81 sur 184 · HÉRODOTE, II · texte numérisé non relu

HÉRODOTE, II

5 Statue de Zodkhonsouaoulankh (/oc. cit., p. 551).

meuroront fidèles aux tendances les plus continues du vieil esprit égyptien.

Ainsi, grâce à l'imitation, se parfait dans les esprits et dans les mœurs un double travail : théologiens, théoriciens de la royauté, flatteurs même ou sujets éblouis idéalisent ce qu'il y a de meilleur dans le réel ; d'autre part, sages et hommes d'action aux plus hauts degrés de la hiérarchie, puis fonctionnaires de second ordre, enfin tous jusqu'aux plus petits ^ tendent à réaliser l'idéal. Plus actives, plus nombreuses s'opèrent les réactions entre le principe ascendant d'idéahsation et le principe descendant de réahsation, plus aussi la vie intellectuelle et morale d'un peuple s'intensifie. C'est ce qui fit, plus encore que les succès militaires, la fortune et la grandeur des deux âges thébains.

I 2. — Résultats historiques des réactions signalées.

Pouvons-nous constater les résultats de ce mécanisme? Y a-t-il eu, en Egypte, soit dans l'ordre social, soit dans l'ordre moral, des progrès réels et saisissables ?

Sans doute, il est fort difficile en tout temps de scruter le fond des coeurs et de dire : « ils sont purs et bons » ; il est téméraire surtout de comparer et d'affirmer: « ils le sont plus que tels ou tels » autres ». Qu'un J,-J. Rousseau tranquillement lance son défi au monde ! on le taxera d'orgueil impudent, on relèvera les tares de sa vie ; mais ce ne seront que procès de tendance : on manque d'instrument de mesure pour atteindre sa conscience et démontrer la perversité de son âme. A cette difficulté initiale de pénétrer l'intimité des âmes s'ajoute, pour juger les morts, celle de recueilhr et d'interpréter les témoignages qui font indirectement connaître au moins leurs actes extérieurs. Pour juger une société

1 Ce processus dégressif n'est pas particulier à l'Egypte, on le trouvera peut-être partout et jusqu'au Japon. « Cette morale des chevaliers est devenue, avec les années, la » morale du peuple. Ce furent d'abord les riches marchands qui la pratiquèrent pour » imiter la noblesse. Puis des associations de paysans, de colporteurs, d'ouvriers se » formèrent dont les règlements s'inspiraient des principes du bouchido. » Irazo Nitobiî, Bouchido l'âme du Japon, 1901, ap. J. Tharaud, Eclair, 26 avril 1905).

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