Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte
De tout temps l'Egypte a piqué la curiosité. Ses monuments, l'originalité de ses mœurs, les singularités de sa religion, son antiquité, le mystère dont elle aimait à s'envelopper, attiraient et captivaient l'attention des voyageurs, des savants, des gens instruits, du vulgaire même. Tour à tour Grecs, Romains et modernes se passionnèrent pour elle. Au XIX*' siècle, le déchiffrement des hiéroglyphes, la découverte de monuments disparus, le déblayement de ceux qui étaient partiellement connus, l'accès à tous facilité, la création de riches collections et de musées, ont permis de renouveler l'histoire de l'Egypte, en Tétudiant sur les documents contemporains des faits.
Mais l'intérêt que soulève l'Egypte, ne se borne pas à elle seule. C'est l'humanité tout entière qui s'étudie elle-même en étudiant l'Egypte. Nul pays en effet, jusqu'à ce jour, ne lui fournit autant d'éléments anciens et précis en vue de la solution du problème des origines, posé avec tant d'acuité au siècle dernier.
Le monde civilisé classique et le monde moderne ont reçu de rÉgypte beaucoup plus qu'ils ne l'ont avoué et qu'ils ne s'en doutent encore. Que l'on se préoccupe de l'origine des races, de celle des institutions politiques et civiles, de celle des religions, des idées, des arts plastiques, il est indispensable de recourir à TEgypte. Nulle part plus de textes authentiques et de documents certains ne permettent de jalonner de faits, aussi loin dans le passé, le champ des hypothèses.
C'est, sans doute, pour éclaircir sur un point ce problème des origines que TAcadémie des Sciences morales et politiques avait