‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 3)Chapitre 2 sur 182 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

proposé à l'un de ses concours pour 1891, la question de révolution des idées morales en Egypte.

Outre le mémoire couronné de M. Amélineau, un autre mémoire fut distingué par l'Académie (qui lui décerna une mention très honorable). Resté inédit depuis lors, il s'est représenté par la suite, après certaines retouches, aux suffrages de la Sorbonne comme thèse secondaire.

L'auteur y avait envisagé la question dans ses grandes lignes. Il ne l'avait pas épuisée, loin de là ! dans tous ses détails. Il considérait cette première étude comme une introduction générale et se réservait de reprendre, avec les mômes principes et les mêmes méthodes, en les traitant avec plus d'ampleur, tels ou tels des problèmes secondaires que soulève l'étude des idées morajes en Egypte. Entre ceux de ces problèmes qu'il a étudiés du double point de vue historique et moral, la propriété en Egypte, la famille, la femme, le travail, l'esclavage, etc., il s'est attaché particulièrement aux rapports du gouvernement pharaonique avec le développement des idées morales. Telle est Torigine du présent ouvrage.

Comment dans l'Egypte antique, gouvernants et gouvernés comprenaient-ils leurs relations entre eux? Se croyaient-ils les uns envers les autres liés par des obligations réciproques ? Sur quoi estimaient -ils fondées ces obligations ? Quelles sanctions les garantissaient à leurs yeux ? Les regardaient-ils comme des devoirs moraux? Dislinguaient-ils, plus ou moins nettement, deux morales, une morale d'état propre à la vie sociale et une autre bonne pour la vie privée? Et encore : d'où leur venaient ces conceptions? La nature les leur suggérait-elle? Un conquérant les leur imposa-t-il ? Résultaient-elles chez eux d'un développement interne de la pensée et des mœurs ? Conservaient-ils, plus ou moins nette, la mémoire de ces origines ?

Ces questions eussent fait sourire les anciens sages Égyptiens, comme celles d'Hérodote et autres Grecs curieux qu'ils traitaient

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