et 116 : Maspero, Essai, p. 23, 25 et
A Médinet-Habou, les nobles qui entourent Ramsès III, puis les chefs étrangers lui disent : « Tu es le soleil, tu brilles autant que lui quand tu te montres aux vivants. » (M. -H., 1" pyl. revers : Daressy, p. 77). « Tu es le soleil, le bon prince, tu est le portrait » de ton père, le maître des dieux ; ton aspect pénètre d'amour, comme celui du soleil, » 6 Lumière des Barbares. » (Médinet-Habou, Pavillon ; Daressy, p. 52). 5 Introduction de l'inscr. de l'an V : (Médinet-Habou, 2» pylône, Daressy, p. 110) : <c Enfant divin dès sa naissance comme Harmakhis, » On voit son apparition comme celle de Toum... » Les étrangers viennent de leur pays pour l'adorer, » Pour voir le grand soleil d'Egypte qui est sur eux ; » Ils le voient comme le disque, un second soleil, » Apparaissant, brillant sur terre, le Shou de l'Egypte. » A celui qui est leur ciel, ils disent : « Que se montre le soleil en nos paysl » Nous nous perdons sur terre, vivant dans les ténèbres. »
La langue commune tire de là toute une série de tropes et exprime les actions du roi par des termes empruntés à la description de la marche du soleil. L'avènement ne se rend pas par d'autre terme que celui de lever ou d'apparition \ Le roi ne monte pas sur le trône, mais se lève, comme le soleil à l'aurore ^ S'il se montre à son peuple, soit dans sa salle d'audience, soit à la porte de son palais, soit à travers la capitale pour quelque solennité religieuse ou civile, on songe au soleil en ses divers aspects ^ S'il part en campagne, c'est le même acte du soleil qui s'élance dans l'espace'''. Sa vie suit la course du soleil; son règne est un resplendissement ; son gouvernement une illumination ; son palais ressemble aux retraites du ciel ; tour à tour, son influence réchauffe et vivifie, ou brûle et tue ^. Enfin le roi ne meurt pas comme les vulgaires humains, mais on annonce son décès en disant qu'il « remonte au ciel » ^ Les écrivains n'ont guère besoin
1 A la naissance de chacun des trois enfants de Rouditdidit, qui fondèrent la V"^ dynastie, les déesses qui assistent l'accouchée, prédisent : « C'est un roi qui apparaîtra en ce » Pays Entier. » (Contes, p. 79, 80, 81.)
2 « Il apparaît à son lever... tel, que Phrâ qui brille à la tête des humains » « . » A son lever, on se réjouit en lui, comme (au lever de) l'astre solaire. » *
» Ilest beau lorsqu'il paraît sur le trône de Toum, qu'on le voit comme Râ au matin.» c, « Médinet-Habou : Grande incr. de Ramsès III, an V, 1. 50 (Dûmichen, H. /., pi.
46 ; Chab.\s, Et., p. 233 ; Daressy. p. 113). * Ibid, 2» pyl. N., face E : an IX, 1. 10 (Chabvs, Et., p. 248; D.\ressy, p. 94). c Ibid.. i" pyl. N., face ouest (Daressy, p. 81).
3 A Abydos, la déesse Safekh, l'accueillait en ces termes : « Tu sièges dans ta cha- » pelle ; tu pénètres dans ton palais, comme Toum dans la montagne solaire, tu t'assieds » sur son trône comme Horus sur son estrade. Tu apparais sur ton divan à la panégyrie » anniversaire de ton avènement, comme Râ au commencement de l'année. » (Mariette, Abydos, I, 51, 1. 41-47 ; Maspero, G. Ep.,i^. 96).
+ « Sa Majesté se leva comme le disque de Râ et saisit les parures de son père Mona tou... S. M. parvint à la ville de Shabtuna. » [Bull, de la bataille de Qodesh : Ibsamboul,l. 5: R. Tr., VIII, 127-131.)
5 tt II naît comme le soleil au matin et se développe comme Râ qui atteint h? zénith. » (Médinet-Habou, 1«'' pyl. nord : Daressy p. 73).
« Il éclaire les deux régions comme Hor-Khouti... il vogue au haut du ciel comme la » Majesté de Râ. » (Karnak, inscr. de Séti I ; mur N., l"'' reg. dr., labl. 1 ; (Ghampollion, Mon., 200 ; Brugsch, Rec. 45; R. Tr., XI, 70).
Il « rayonne durablement et s'épanche ainsi que l'horizon solaire, illuminant les deux » mondes de sa splendeur. » (Stèle de Hammamat, an III de Ramsès IV (L. D., III, 219 : PiERRET. R. Arch., 1869, p. 277).
Il « brille conme Râ à l'aurore des matins Toum lécondantdans le rayonnement de
» son coucher. » (Inscr. dédicat. d'Abydos, 1. 101-103 : Maspero, p. 60-63).
(c On l'aperçoit semblable aux rayons du disque : son ardeur est redoutable comme V celle de Montou. » (Médinet-Habou, Inscr. de Mésori, an XI (Dauessy, 35).
<* Les deux frères, in fine (Maspero, Contes, p. 31). Sinouhit(/6i!V/., p. 96J. Stèle d'Amonemhabi,!. 37 (Ghab.\s, Mél. IV, 289).