‹ Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la morale en Égypte (volume 3)Chapitre 50 sur 182 · CHARGES DES TEMPLES. SINTAXIS · texte numérisé non relu

CHARGES DES TEMPLES. SINTAXIS

Son successeur Nectanébo II en accordant au temple de Néït à Sais la dîme des droits de douane perçus à Naucratis et Hounit, retient les neuf autres dixièmes et associe le clergé aux intérêts du commerce extérieur et du trésor royal K A part les folies de Gambyse et d'Oklîos, et quelques confiscations répressives", les Perses et après eux les Ptolémées respectèrent les biens des temples, mais ils les grevèrent d'impôts^ ; tout en les réduisant et en remettant l'arriéré, la grande bonté d'Epiphane reconnue au décret de Memphis, maintint en partie ces charges*. Désormais, la part du trésor royal prélevée de manière à laisser pour l'entretien des temples et des prêtres juste la portion congrue'', celle-ci fut encore reçue comme un don de pure grâce et valut au donateur de chaleureux remerciements sous forme d'apothéose.

Que, à certaines époques, les temples cessent de recevoir des donations, c'est un indice de décadence ; qu'ils cessent d'être respectés, qu'ils soient livrés au pillage, c'est le signe de l'anarchie, le commencement de l'abomination de la désolation, comme en cette période de troubles, « ces années de néant » qui précédèrent l'avènement de RamsèsIII et dont on parlait avec horreur*: « chacun complotait avec le prochain pour piller les biens l'un » de l'autre ; et, comme on traitait les dieux de même que les » hommes, il n'y eut plus d'offrandes faites dans les temples'. »

1 stèle de Naucratis, 1. 8-12 (Maspero, C.-R. Acad. I. B.-L., 1899, p. 793-79S ; Mus. Eg., I, p. 40; Erman, ^. Z., 1900, XXXVIII, 130-132; Wilcken, ibid., p. 133-135; Sethe, ibid., 1901, 121-123; Bouché-Leglergq, Lagides, I, 110).

2 Sur la spoliation de Nit à Sais, cf. Statue d'Ouzâ-Hor-risniti, 1. 44-46 (de Rougé, Statue naophore du Vatican,]). 23; Revillout, R. Eg., I, 29; Maspero, H.-O., III, 685).

— Sur celle de Bouto par Xerxès (Décret de Ptoléniée I, stèle du Sati'ape : Mariette, M. Z).,pl. xin; Brugsgh, ^. Z ., 1871, p. 4-5).

3 Contributions en argent et en grains (décret de Memphis, Rosette-Damanhour, | 21, 1. hrg. 16-17, 1. gr. 28-29), redevances d'étoffes (| 12, 1. 10/17-18, et | 22, I. 17/29), droit d'ardeb par aroure de terre arable et de kerainion par aroure de vignoble (| 23-24, 1. 17-18/30-31), droit d'entrée en charges sur tout prêtre nouveau (| 9, 1. 9 du texte démotique, qui précise le plus).

* Il ramena revenus et redevances à ce qu'ils étaient l'an I de son père (| 8,1. 8-9/14-16). Cf. Letronne, Inscr. d'Eg., I, 275; Revillout, R. Eg., l, 58-60).

s Pourtant le budget des cultes, aivra^iç ainsi constitué et limité suffit, grâce à une sévère administration, pour les belles restaurations ptolémaïques. Cf. Boucué-Leglercq, Lagides, I, 109; III, 101-205.

•> On peut comparer le tableau tracé par Ramsès III à celui de ïhébes lors de l'avènement de Toutânkhamon (supra, p. 64, n. 1).

7 Grand pap. Harris, pi. lxxv, 1. 5-6 (Maspero, H. A., p. 260). Les diverses interprétations de cette phrase « fecerunt numina ut homines » offrent un intéressant exemple de

Le plus grand sujet de rancunes des Egyptiens contre les Assyriens et les Perses fut leurs sacrilèges. Au contraire, Darius après Cambyse, Alexandre après Okhos parurent de vrais fils du Soleil.

I 3. — Obéissance filiale.

Rendre aux dieux le culte qu'un fils rend aux ancêtres n'épuise pas pour le roi tout le devoir filial. La famille est une association où tous travaillent en vue d'un but commun et s'efforcent d'augmenter le dépôt qui leur est confié de fortune matérielle et de puissance, d'honneur ou de gloire. La famille est aussi une hiérarchie : le père commande ; il organise, dirige, juge le travail de chacun pour le bien commun, et, de quelque initiative que jouisse le fils, il doit à certains jours prendre le mot d'ordre et rendre des comptes. Ainsi du roi, fils du dieu : il doit agir en fils. Non seulement il aime et honore le dieu ; mais il l'écoute, le consulte et lui obéit ^; il enrichit son patrimoine, combat ses adversaires et exécute tous ses ordres.

L'obéissance à la divinité s'impose donc au roi comme un devoir rigoureux. Il n'est pas sa fin à lui-même; quelque orgueil que lui inspire sa nature divine, il doit se soumettre à un être supérieur, à une loi qui ne vient pas de lui-même. « Harmakhis », confesse-t-il, « m'a créé pour l'imiter et réaliser ses décrets-. » Celui qui parle ainsi n'est pas un roitelet de la xx® dynastie, tout à la discrétion des prêtres d'Amon ; c'est Sénouserit I (Ousertasen, Sa-n-Ouosrit), le belliqueux et puissant potentat dont le règne marque l'apogée du premier empire Thébain.

Connaître la volonté divine était pour le roi chose facile : puisque la divinité résidait en lui, qu'un double divin animait sa personne, qu'il était dieu incarné, les pensées divines devaient se fondre

conflit philologique : Chabas {XIX'' d., p. 20) prenait les noms comme sujets : « Les dieux » comme les hommes abandonnèrent le pays »; d'autres comprirent : «On sculpta des » dieux anthromorphes ».

1 Nectanébo II, se nommant « l'IIorus qui fait ce qu'aiment les dieux ar mer noulerou », exprimait soit son obûissance, soit son indépendance divine.

2 Dédicace d'Héliopolis par Sénouserit I (Man. Berlin : Stern, jE. Z., 1894, 87; Chabas, Choix de textes, p. 7-9; Maspero, H.-O., 1, 504-505).

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