POUILLÉ DE RAMSÈS III
Ramsès III ' méthodiquement rangées en 74 grandes pages -. Amon prend la part du lion ' ; il possédait le 9® environ des terres aujourd'hui cultivées en Egypte ' , et ses revenus valaient 5 fois ceux de Rà, 10 fois ceux de Ptah ^ Les chiffres s'alignent énormes ^, mais indiscutables dans leur précision. C'est presque au pied de la lettre que Ramsès peut dire que toute sa fortune y a passé : « Je t'ai fait un titre de propriété de tous mes biens', pour » qu'ils soient à jamais établis à mon nom ; je te soumets la double » terre avec toutes les parts d'héritage que je possède, comme » tu me les a données depuis ma naissance ^ »
Jusqu'aux derniers jours de la monarchie, les rois se montrèrent fidèles à cette tradition. Chacun, suivant les ressources de son trésor, contribuait à l'éclat du culte. Seulement après la XX* dynastie, la part d'Amon de Thèbes se restreint au profit des autres dieux et des autres sanctuaires, les dynasties originaires du Delta marquant une préférence bien naturelle pour leurs capitales. Les Ptolémées enfin affectent la même manière d'agir et le « zèle d'un » dieu bienfaisant envers les dieux, extrêmement préoccupé de » tout faire pour les temples en son temps comme il est prescrit » ^
1 Ou de ses prédécesseurs, dont il prend à son compte les décrets relatifs aux propriétés des temples.
- Il énumère les dons faits à Thèbes (p. l-::23), à Héliopolis (24-42), à Meraphis (43-56), aux sanctuaires moindres (57-66); dans chaque section, il note successivement les constructions, les dons royaux de villes, immeubles, esclaves, bestiaux et matières précieuses, les redevances des tenanciers du temple, les dons royaux pour les sacrifices ; puis il récapitule (67-74).
3 Villes étrangères 9, égyptiennes 56 sur 161, esclaves des deux sexes 86486 sur 113433, têtes de bétail 421362 sur 493386, aroures de terrains 898168 sur 1071780, vignobles et vergers 433 sur 514, et toutes les statues de dieux, 2756 en or, 11047 en argent (Ermax, .^g., 409).
* Calcul d'EisENLOHR {R. Tr., XVIII, 40), d'après l'équivalence du sata et de l'aroure avec 100 coudées carrées (27,56 ares) découverte par Griffith (Siut, pi. vm, 1. 313 ; et Pr. S. B. ^.,XIV, 415).
5 Evaluation d'ERMAN (JSg., 410).
6 Parmi les dons royaux, notons : 88 barques, 107150 deben d'objets de bronze ou cuivre, 8896 de plomb, 95 d'étain, 47 de lapis, 18168 de pierres précieuses, 4743 de bois de cèdre ou perséa; et en outre, au fonds des sacrifices 1663 deben de vases et parures d'or, 3598 d'argent, 30 de pierreries, 19114 de bronze, 50877 vêtements de lin fin, 331702 cruches et 1933766 morceaux d'encens, miel ou huile, 228380 cruches de vin, 466303 de bière, 1075635 amulettes, scarabées ou sceaux, 2382605 fruits, 20602 bœufs, 367 gazelles, 1843 sacs et 355084 briques de sel ou natron, 6944428 pains ou gâteaux, 3100 deben de cire, 494000 poissons, 19130032 guirlandes de tleui's, 5279652 sacs de blé, etc. (Cf. éd. Birch, 67-74; Erman, 406-408; Brugsch, 274).
7 Médinet-IIabou, mur sud, 1. 16-17 (Daressy, R. Tr., XIX, 16; Moret, Royauté, p. 197).
8 Philadelphe, dans les vingt premières années de son règne, a permis aux temples de
Pourtant un changement profond, mais nécessaire, s'est produit dans les relations du roi avec les dieux. Aux jours mauvais où la royauté s'appauvrit, elle dut diminuer, puis cesser ses dons ; elle dut môme user des richesses des temples comme d'une réserve. A vrai dire, les biens des dieux n'avaient jamais été sans charges : déjà sous l'ancien empire, nous voyons des particuliers comme Amden (Maten) toucher des rentes en nature sur les revenus d'une défunte reine * ; sous les Ramessides un papyrus de comptes inscrit 100 pains ou 10 cruches de bière fournis journellement par le temple d'Amon à la cour du roi^; le roi éthiopien Aspalout constitue pour dot à la princesse Kheb, sa fille, une part des revenus du temple d'Amon à Napata, déjà assignée à la reine dont elle hérite ^ Amasis alla plus loin ; après avoir fait des cadeaux aux temples ^, il eut besoin d'argent et imposa l'entretien et la solde de ses mercenaires aux temples principaux^. Pour lutter contre les Perses, Takhos, sur le conseil de l'Athénien Khabrias, menaça de supprimer la plupart des collèges sacerdotaux, mais se contenta de prélever provisoirement les neuf dixièmes de leurs revenus ^
toucher 10.050.000 livres d'argent de revenus, soit une moyenne de 302.500 livres, et, pendant la vingl-uniènie, porte cette somme à 750.000 (Stèle de Pitoura, 1. 26-27 : Naville, The store City of Pithom, 1884: Brugsch, ^'Eçj., p. 274; yiS'. Z., 1874, XXXII, p. 74; Sethe, Urkunden, II, 103). Naville (.^. Z., l'J02, XL, 74), lit pour la première somme 150.000 livres de taxes annuelles. — Dans le décret de Memphis, le concile des prêtres glorifia Epiphane d'avoir « donne aux temples de grandes sommes d'argent et de nombreux dons » en nature » maintenu les privilèges et revenus des temples sur le même pied que son père, largement subventionné les cérémonies du culte, surtout celui des animaux sacrés, pour lequel il a « dépensé plus que ses ancêtres « (Stèles de Rosette et Damanhour : éd. A. Baillet, || 2, 8, 25-27). — Cf. W. Otto, Priester und TempeL I, 1905, ch. iv, Besits und Ein/ia/imen der Tetnpel, Y». 2'iiS-kQ5; Bouché-Leclercq, JI. des Lagides, III, ch. xxiri, I 2, Les bie?is du clergé, p. 191-229).
1 L. D., II, 6, I. 4-5; Sethe, Urkunden, I, 4 ; Maspero, Et. Eg., II, 223-226. — Des rois même usaient pour eux de ce système : le roi Horus de la xui" d. s'était établi sur la pyramide d'Amonemhaït III pour participer aux revenus des wakfs (noutir-hotpou) de ce dernier; de même iMérikarâ Khîti de la ix" sur la pyramide de Téti à Sakkarah.
2 Pap. Boulaq n» 18, compte du 26 Paophi (Borchardt, M. Z., 1890, p. 83).
3 Stèle du Louvre c 100 (Pierret, Et., 1873, 96-109; Sch^fer, M. Z., XXXIII, 107-108; Urkunden, III, 101-108).
* Deux chapelles de Thèbes (Mariette, Karnak, pi. 56, p. 75-77); restauration d'Abydos (Statue de Pefzââounit, Louvre, a 93) et d'Héracléopolis (Statue d'Horou, Louvre, a 68); embellissement de Sais, Memphis (Hérodote, II, 175-176) etc. (Maspero, //. 0., 111, 640-644).
6 Sais, Héliopohs, Bubaste et Memphis. Cf. Chronique démotique de Paris (Revillout, R. Eg ., I, 57-61, et 82-87, La syntaxis des te?nples; Âmasis, Rev. d. Questions hist., 1906, p. 338-360; Maspero,//. 0., p. 650).
" Cornelius-Nepos, Khabrias, % 2; Polyen, Stratag., III, 11, % 7 et 12; Pseudo-Aristote, Œconomica, II, 2,25, p. 131 a, 10 sqq. (Cf. Maspero, //. 0., III, 759; Wilcken, Griech. Ostraca, I, p. 329).