L. I)., II
7 D'après Champollion, Roskuaki (Mou. S/or.. III, I et 421-1-26), E. Curtius (Die Joner, p. 10-1 1, 48), Lepsius (Naincii dcr Joner, Monalsb. d. Akad. Berlin, 1855, p. 497 sqq.), LiEDLEiN, Mallet ( Grccs en Egypte, p. fi) (R. Tr., XVI, 133-134). Contra : Bihcii (Gnllenj ni' A/dif/uities, p. 89), E. m: KoïKiÉ {Inscr. d'Afunés, p. 43-44), Buugsch {Oéoij. Inscr., III, 47), Max Mullek, (Asien und Europa, p. 30-31). — Cf. Maspeko, //. 0;'.,I,p. 391,n.3).
NAVIGATIONS RN MKDITEnRANKK 205
sieurs reprises dans les Pyramides'. Sânkh-ka-Rà-Montouhotpou do la i""® dynastie thébaine se vante d'avoir rompu le jarret aux Haïou-nibou - ; à lui peut-être remonte cette colonie d'étrangers établis au Fayoum, comme captifs, maçons, ouvriers, commerçants, qui, sous les xn" et xui^ dynasties, y fabriquaient ou employaient ces poteries égéennes recueillies àKalioun par M. Pétrie, et qui peut-être de là transmirent à leurs compatriotes les rudiments des syllabaires ou alphabets asianiques. chypriotes et phéniciens '. qui enfin sous la xvui^ dynastie reçurent de nouveaux renforts et obéissaient à des chefs de nom étrusque '. Thotmès P"", eut affaire à eux -\ La reine Hàtchopsou s'intitule « .seigneur des Haïou-nibou » ^' ; Thotmès IV ^ et Séti P' les nomment ; Haremhabi les fait figurer au premier registre des peuples vaincus par lui « aux extrémités de la terre » '^ : et Ramsôs III insère leur cartouche parmi ceux des peuples qu'il a subjugués ^ D'autres textes parlent des « îles de la Grande Verte » comme tributaires ou sujettes des Pharaons : Thotmès III se vante d'avoir « épouvanté la Phénicie et Chypre », « écrasé les habitants des lies » les « peuples du milieu de la Grande Verte », de posséder « les îles » des Outanàtiou (Tanaou, Aâvao/?) »'", avant que ces peuples se joignent aux coalitions contre Ramsès II et Ramsès III. En son nom.
1 « Tu es le Circulant en rond dans le circuit dos Haïounibou. » (Téti, 1. 273; Pépi, 1. 27-28 et 122; Mirinri. 1. aS, 91, 142; R. Tr., V, 37, 161, 17(i; IX, 182, 187 ; X, I).
- Inscr. du Ouady-Hammamàt : L. D., II, 150 a, I. 8; Golknischeff, Résultats, pi. xvi, 1. 8; Ghabas, Etudes, p. 174-173; B. Ë(j., X, 303; Maspero. H. Or., 1,476, n. 3.
3 Pétrie, Kahun, p. 44, Illahun, p. 9-11 et pi. i. Cf. Maspero, Rev. Crit., 1891, I, 323; 1892, I, 270 {=Bibl. Eg., VIII, 393, 400-401). H. Or., I, 476-477.
* A Gourob, Pétrie relève le nom d'Anou-ni-Tourcha (Kahun, pi. 19) à côté du nom sémite Sadi-amii (Kahun, pi. 24, 2). Cf. Maspero, R. Crit., 1891, I, 322 (= Bihl. Eg., VIII. 392).
■"i Thotmès I"'', stèle de Torabos : « Divine abomination sont les Haïounibou » (L. D., III, 5 a; Piehl, Pet. Et., p. 2).
'' Deïr-el-Bahari, tableau de l'an IX, socle du pavillon du trône [R. Tr., XVIII, pi. m, p. 103; et. Mariette, D.-el-B., pi. iv; L. D., III, 62; Naville, Festival hall, pi. vi.
' Parmi des cartouches de peuples vaincus par Thotmès IV : Tombeau de Zaïnni, paroi G [M. M. C, V, 698).
» Mur d'Haremhabi à Karnak (Bouriant, R. Tr., XVII, 42; Wiedemann, Pr. S.B.A., 1880-89, XI, 423-434; Maspero, H. Or., II, 350-351).
" Kaniak. temple de Ramsès III (L. D., l\\, 207 d); Médinet-llabou, mur N. (Dùmichen, H. /., II, 47 u).
^^^ Chant triomphal de Thotmès III, %% iv, vi, vu (Mariette, Karnak, pi. 11;Sethe, Urkunden,\N, 015-617 ; de Rougé, Mon. de Thotinés III, p. 29; Ghabas, Et., 181-182; Brugsch, Gesch., 355; Maspero, G. Ep., p. 87. //. Or., II, 267-268.
206 PAIX KT FflATERNlTÉ
le général Thotii inspecte les îles ^ ; le préfet de Thèbes Rekhmarâ, reçoit les tributs de leurs colons phéniciens- . Ramsès II a « capturé les guerriers de la mer " », car Amon-Râ lui avait donné tous les pays « et les îles au milieu de la Grande » Verte » '. Ramsès III foule aux pieds « le grand cercle des îles » de la mer » ^,
L'histoire officielle ne s'occupe guère des relations commerciales avec les riverains de la Méditerranée, faciles et anciennes. Au contraire elle prône très haut les expéditions sur la mer Rouge et rOcéan Indien, au pays mystérieux de Pouânit®, côte du Somal ou Arabie, peut-être la Khaldée et l'Inde. Les Egyptiens ne se lancèrent pas de suite et à l'aventure vers ces contrées où ils plaçaient le séjour des Mânes et celui des dieux. Progressivement, commerçants, explorateurs, soldats lancés à la poursuite des Bédouins ou des Nègres pillards, poussèrent des pointes dans les ouadys à l'est et à l'ouest de la vallée, remontèrent le Nil, découvrirent les mines d'or et les oasis, atteignirent la mer, préparèrent la conquête de la Nubie, puis de l'Ethiopie, et les grandes croisières maritimes. Sous. les dynasties memphites, les princes d'Eléphantine se distinguèrent dans ces courses hardies et parfois périlleuses. Hirkhouf parcourut les déserts de Nubie, prit le premier contact avec des tribus libyennes des Timihou et ramena de ses voyages des convois de marchandises précieuses, or en poudre ou en barre, plumes d'autruches, pelleteries, ivoire, ébène, encens, gomme ; même il renouvela la prouesse de Biourdidi sous le règne d'Assi, et, pour avoir offert à Pépi II un nain danga de la terre des Mânes, reçut des félicitations officielles \ Tous ne
1 Patère de Thotii au Louvre (Birch, Patère, B.Eg., IX, 227-236; Devéria, Mém. Soc. Antiquaires, t. 24; Maspero, //. Or., II, 297).
2 Tombeau de Rekhiuaiâ (Bmcn, /. c, 240; Yirey, M. M. C, V, pi. v et p. 32).
3 Inscr. de l'an II, entre Assouin et l'hilœ (L. D., III, 173 g, 1. S; E. be Rouuî:, Athenœum, 1855, p. 957).
* Ibsamboul (Rosellini, M. H., pi. 114, 1. 17; Ch.\bas, B. Eg., IX, 244).
s Médinet-Habou (Dûmichen, //. /., II, 47 d).
"Cf. B. Grkskh, Seetrctien der aUe/i Mg. (ap. Dûmichen, liesultale, I, 1-27); Maspkro, De qq. nanigations, 1818, II. Or., I, 396-398, 433-434, 494-498; II, 246-253; Lieblein, /E. Z., 1885, p. 127 .S([. ; Ilnndel und Schi/fahrl, 1886; Das Land Puiif 1890; Schiapa- KELLi, La Calena orientale, 1890; Glaseh, l'iinf, 1898.
7 Insc. d'IIirkhouf à As.souan et Rescrit de Pépi II (Schiaparelu, Una tomba délia
EXPÉDITIONS i:.\ POUAMT 207
réussirent pas si bien : Papinakhiti, après d'heureuses razzias en Nubie et une expédition au Sinaï, se laissa au moment de s'embarquer, surprendre et tuer par des Arabes*. Les rois Thébains firent reprendre et pousser plus loin ces tentatives : ils annexèrent définitivement la Nubie, et Tan VllI de Sankh-ka-Râ, dernier roi de la xi® dynastie, l'ami unique llonnou dirigea la première expédition- connue au pays de l'encens. Dès lors, soit par cette voie, soit par celle de l'isthme, l'Egypte tire d'Asie les parfums et les gommes, les bois de luxe, les métaux précieux, les pierreries, les étoffes peintes ou brodées \ Une croisière en Pouanit, plus fameuse encore, fut celle qu'organisa la reine Hâtchopsou et dont elle fit représenter, dans son temple funéraire de Déïr-el- Bahari *, le retour triomphal et le grand défilé : marins chargés de marchandises exotiques, arbres inconnus avec leurs racines, singes vivants, jusqu'à un chef étranger avec sa famille et ses serviteurs. Thotmès 111% Haremhabi^ Séti P'■^ Ram-
V/'d., 1892; Erman, Zeit d. D. Morg. Ges., XLVI, 574-579; yE. Z., XXX, 79-83, XXXI, 65-73; Maspero, R. Crû., 1892, II, 357-360; R. Tr., XIV, 186-195 (— B. Eg., II, 429-443) ; XV, 103-104; H. Or., I, 430-434).
1 Inscr. de Papinakhiti à Assouan (De Morgan, Cat. Mon., I, 175-176; Sethe, Urkunden, I, J31-135; xMaspero, H. Or., I, 434-435).
^ Inscr. de rOuady-Haaimamàt (L. D., II, 150 a; Golénischeff, Résultats, pi. xv-xn, et p. 9-11; Chabas, Voyage, p. 56-03; Etudes, p. 150; Brvgsch, H. d'Eg., 2« éd., p. 80, Gesch., p. 110-113; Lieblein, Handel, p. 20-22; Schuparelli, Catena, p. 98-100: Maspeko, Qq. navigations (B. Eg., VIII; p. 79 à 82); H. Or., I, 494-495).
■' Cf. Ebers, jEgypten, I, 228 sqq.
* Tableaux et textes de Deir-el-Bahari (Dùmichen, Die flotte einer œg. Kœnigin, 1862, et H. Ins., II, pi. 8-22; Mariette, Deïr-el-Bahari, pi. 5-10 et texte, 1877; — Na ville, R. Tr., XVIII, 103-196; Deïr-el-Bahari, pi. 69-86, p. 21-25; Eg. expl. Fund, Report 1894-95, p. 34; Sethe, Urkunden, IV, 315-355; — Cf. de Rougé, Mon. de Karnak, Mél. arch., I, 49 sqq. ; Chabas, Et.,]}. 151-172: Maspero, Qg. navigations, 9-25 [B. Eg., VIlI, 82-103); H. Or., 244-253; Brlgsch, Gesch., p. 281-288; Lieblein, Handel, p. 23-37; ScHWEiNFLKTH, Retse nach glûcklicher Arabia, p. 5 sqq. : Grimm, Pharaonen in Ostafrika, p. 14-46, 131-16U).
5 Tributs (Mariette, Karnak, pi. 23-31) et listes de l'an XXIII (Mariette, Listes Géog., p. 60 sqq.). — En une fois on apporta 1,085 boisseaux d'aroaiates. Annales, an XXXIII, 1. 27 (Lepsius, Auswahl, 12; L. D., III, 30 a; Sethe, Urk., IV, 701) et an XXXVIII, 1. 8-9 (L. D., III, 31 A, Sethe, Urk.. IV, 721). — Cf. de Rougé, Notice de l'inscr. de Karnak, p. 19; Maspero, Qq. navigations, B. Eg., VIII, 104; H. Oi ., II, 200 et 267.
•> Mur d'Haremhabi à Karnak (^Mariette, M. D., pi. 88 et p. 27; Brugsch, Rec, II, pi. 57, 3; Maspero, Qq. navigations,^. 104; Cf. Bouriant, R. Tr., XVII, 43). Les gens du fouanit, représentés en amis, vèius comme les Egyptiens, sans chaînes ni corde au cou, apportent leurs tributs d'or, gomme, plumes et rendent hommage, mais n'encourent point l'épithéte de khesou.
' Séti I dit à Osiris : « J'ai placé pour toi un vaisseau chargé de ballots sur la Grande )) Mer. A toi sont présentés les trésors du To-Noutir et des marchands faisant le commerce » avec leurs apports et leurs marcbandises parmi lesquelles il y a de l'or, de l'argent » et du bronze. » (Mariette, Abydos, I, pi. 8 et 84; Ch.abas, Poids, mesures, etc., p. 27).
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ses II', Kamsès 111- et Ramsès IV ^ renouvelèrent ces exploits, et, par des expéditions moitié militaires moitié commerciales, imposèrent un trijjut aux peuples lointains de Pouanit. Avec les équipages naviguaient des ouvriers et comptables pour les échanges commerciaux :
« J'équipai des vaisseaux et des galères, pourvus de nombreux matelots et de noiii- » breux ouvriers. Les capitaines des auxiliaires maritimes y étaient avec des chefs de » corvée et des comptables, pour les approvisionner des produits innombrables de » rÉgypte : il y en avait de toute sorte par dizaines de mille. Allant sur la grande mer » de l'eau de Qodi, ils arrivèrent au pays de Pouanit, sans que le mal les abattit, et prè- » parèrent le chargement des galères et des vaisseaux en produits du Tonoutir, avec » toutes les merveilles mystérieuses de leur pays, et en des quantités considérables des » parfums de Pouanit, chargés par dizaines de mille, innombrables. Leurs fils, aux chefs » du Tonoutir, vinrent eux-mêmes en Egypte avec leurs tributs ; ils arrivèrent sains et » sauls au pays de GopLos, et abordèrent en paix avec leurs richesses. Ils les apportèrent » en caravane d'ânes et d'hommes et les chargèrent sur le fleuve, au port de Goptos *. »
Le périple de l'Afrique par des Phéniciens au service de Nikao II'' était tout à fait conforme aux traditions pharaoniques ^
Après leurs campagnes en Asie, les Thotmès et les Ramsès y semèrent des garnisons et des fonctionnaires, chargés de maintenir la tranquillité et de prélever les tributs. Le papyrus Hood cite comme grands dignitaires de la hiérarchie les « Administrateurs » des contrées de Syrie et d'Ethiopie » ', chargés des finances dans les provinces tributaires, sous la haute direction des «Supérieurs » des experts du Palais royal » ou « diœcètes » ^ Les correspon-
1 Listes (Maspero, Qf/. nrnngationa, B. Eg., VIII, p. lOLi).
2 Grand Pap. Ilarris, pi. 77,1. 8-13 a, pi. 78, 1. 1 (Cf. Ghadas, Recherches, p. 5:j-60 ; BiRCH et EiNSENLOHR, l\u Pttst., t. VIII, p. 49-50; Maspero, Qq. navigations, B. Eg., VIII, 105-109: //. Ov., II, 474-475).
3 Stèle d'Hammamût (L. />., III, 219; 1. 8-9; Maspero, (â/. navigations, p. 109-110. ''■ Gr. Pap. Marris (supra, n. 2).
•'■■ HÉRODOTE, IV, 42, contesté par Ephore (Muller-Oujot, Frag?n. Rist. Gr., I, p. 201, p. 96 a) et par Polybe (III 38). Cf. IIkuodote, IV, 42, Romoii, Périples d'Afrique, p. 7-14: WiLL-Mui.i.Ku, Ihnseglung, 1889; — H. Berger, Gesch. der Erdkunde der Griechen, I, 37-40; Maspero, H. Or,, III, 532-1)33).
fi Une statue de Sembellaouin lait connaître une expédition militaire vers la même époque, celle « d'un messager royal, combattant pour son maître au pays du Sud » en « Pouanit à l'Orient des Terres-Divines » c'esL-à-dii'e peut-être en Arabie (Foucard, /?. Tr., XVII, 100). — Tenons pour non avenus, et pour cause, les scarabées de Bubastis [C.-It., Acad. des l.-B.-L., 26 juin et 17 juillet 1908).
' Mirou khastiou nou Khariou Koushiou : Pap. Uood, 1. 21 (M.\spero, Et. Eg. II, 9 et 49).
^ IJir sechsaou nli pa souten huiza ni to ceroulouf : Pap. Uood, 1. 21 (Maspero, Et. Eg.. II, 49).