‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 108 sur 433 · ARCHIVES DE TELL-EL-AMARNA · texte numérisé non relu

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se relàchent, se détendent tout à fait et laissent place à de simples alliances : les formules protocolaires des correspondances ! avec les rois de l’Alasia, du Naharaïna, ou du Mitani en font foi. Des royaumes indépendants s'étaient dressés devant les armées égyptiennes ; des souverains, au lieu de se courber devant les pharaons, en apportant leurs tributs, se contentaient de les assurer de leur amitié, d'échanger avec eux des cadeaux, et de les traiter de frères, voire même de gendres?.

Les « messagers royaux » vont jusqu'aux extrémités du monde connu ; inspecteurs ou proconsuls en Syrie, ils ne sont plus qu'ambassadeurs au Mitani, en Assyrie, à Babylone, ou dans les iles grecques *; du fond de la Mésopotamie arrivent des messages khaldéens*. Correspondances et ambassades traitaient de sujets fort divers”: questions politiques intéressant les rois, intrigues, alliances, compétitions, querelles armées, rébellions, mariages princiers, cadeaux envoyés, marchandises demandées, — questions intéressant les simples particuliers, marchands détroussés ou séquestrés, voyageurs morts en terre étrangère, artisans émigrés et extradés. À défaut d’un droit international reconnu, l’amitié et l'intérêt bien entendu des souverains obtenaient des restitutions ou des indemnités; peut-être, à la suite de négociations °, les solutions adoptées formaient-elles précédents et jurisprudence.

Quand à leur tour Assour, Ninive ou Babylone amalgamèrent les peuples de l'Asie en de vastes empires, l'Égypte cessa d’être le pivôt du monde. En dépit de la légende de Sémiramis, elle ne fut pas encore entamée ; mais l'Asie lui échappa. Depuis les crocodiles et hippopotames envoyés à Tougoultipalécharra (Téglath-Phalazar, vers 1100)’, la diplomatie égyptienne s’efforcera tantôt de

1 DeLarrre, Correspondance asiatique (Rev. Quest. hist, LIV, 354-361); MaAsPERo, HOT AA, 219

2 Lettres de Douchratta, roi de Mitäni (Winoxzer, Thontafelfund, p. 17; Masrero, p. 282. Supra, p. 211).

3 HOr’ 11, 277, n. 2.

4 Lettres de Kallimasin et de Bournabouriach, rois de Babylone (Bezozn, T'ablets, nos 4-3 ; Maspero, p. 280, n. 4; 282, n. 1; 280, n. 2).

5 H. Or., I, 27h sqq.

6 Lettres de Bournabouriach et Douchratta (Bezozp, op. cit.,nes 3, 11 ; Masrero, 288, n. 2).

7 Obélisque brisé, col. F, 1. 29-30 (Lorz, /nschr. Tiglathpileser's I, p.197; Orpenr, Mém. sur les rapports de l'Égypte et de l'Assyrie, 1869, p. 10 ; Masrero, À. Or., IT, p. 658).

se concilier la bienveillance des potentats asiatiques, tantôt de leur susciter des ennemis ou des rivaux. Palestine et Judée, Damas, Phénicie et Syrie furent des marches disputées par les influences ou les armes. Psioukanou IT s’allia à Salomon ; Chéchonq (940) pilla Juda et Israël’. L’Assyrie descendit lentement par le Nord; Assouraazirpal et Salmanasar [IF (860-825) conquirent la Syrie du nord; Téglathphalasar [IF abattit Damas et démembra Israël; malgré les promesses de l'Égypte, Samarie succomba devant Sargon (722). Les deux empires arrivaient à se heurter : le général égyptien Chabé défait à Rafia (720) abandonna la Basse-Égypte; son maitre Bokkhoris fut renversé et brûlé par l'Éthiopien Chabakou (Sabacon); et Stéphinatès, roi de Saïs, envoya des présents à Sargon (714). Quarante ans après, Taharqou avait secouru la Judée contre Sennakhérib ; mais Asarhaddon le vainquit, donna Memphis au saïte Nikhao [*, saccagea Thèbes (672) et laissa garnison en Égypte; Assourbanipal acheva la ruine et démembra la monarchie (667). Voici que les Mèdes renversent Ninive (608) et fondent un nouvel empire ; la Khaldée se relève ; l'Égypte l'avait dévancée ; elle recouvra (vers 650) son indépendance, son unité, sa gloire avec la dynastie saïte de Psamitik [° et Nikhao IE. Mais la Khaldée eût voulu hériter de la suzeraineté d’Assour ; Nikhao s’empara de la Syrie, tantôt ennemi, tantôt allié de ses peuples et des prophètes de Juda ; Nabuchodorossor l’en chassa (605), et rasa Jérusalem (586) malgré l'appui de Ouahibri (Apriès) qui ne put que recueillir les fugitifs. L’ambition des Perses réconcilia les adversaires menacés par le péril commun ; une alliance offensive et défensive unit avec le Lydien Kræsos, Ahmasis Il d'Égypte, Nabounahid de Babylone et les Lacédémoniens ; mais Kyros, conquit la Lydie (546) et Babylone (539), et Kambysès s’empara de l'Égypte (325). Les Grecs devaient venger les vieux empires : Ahmasis avait échangé avec eux des ambassades ; la rébellion d’Inaros s'appuya

1 Ross, LIT, 4:

? Listes de Karnak (L. D., III, 252; CaamporzioN, MWot., II, 413 sqq.: Mas D a 3 sqq.; Maspero, Æ. Z.,

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