‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 107 sur 433 · RELATIONS DIPLOMATIQUES · texte numérisé non relu

RELATIONS DIPLOMATIQUES

salent pénétrer parfois comme dans les contes. Dans un autre contrat, où un Égyptien achète une maison à Ninive, figure en première ligne parmi les témoins un nommé Sekhons, Égyptien aussi, et qualifié Aatanou, gendre du roi’.

Mais l'Égypte ne se borna pas toujours à l’exportation de ses fils. Onou-A mon raconte que sur la côte de Syrie, le roi de Diro lui «fit amener Tent-Nouït, une chanteuse d'Égypte, qui se trou- » vait auprès de lui pour lui réciter des chants, afin que son cœur » ne prenne pas d'idées fixes » *. Si Aménôthès IT refusa au roi de Kardouniach de lui donner en mariage une princesse de son sang”, plus tard Psioukhanou accordera ses filles à Salomon et à Æadad l’Iduméen *. Les dieux mêmes accomplissent de lointains voyages : les rois de Mitani envoient à leurs filles mariées au roi d'Égypte la statue d’Istaret”, et, suivantune légende officielle, Ramsès Miämoun envoie de même au pays de Bakhtan pour guérir sa belle-sœur le dieu Khonsou-le-bon-conseiller °. Des scribes accompagnent le dieu, à la fois savants, prêtres et médecins, dont descendront directement les isiaques rencontrés à Cenkhrée ou à Rome par Lucius, l’âne d’or d’Apulée?.

$S 4. — Relations diplomatiques.

La politique et la diplomatie corroborent les effets de linamigration, des conquêtes et du commerce. L’édit de Sénouserit sur les étrangers, mesure d'ordre intérieur, était unilatéral. Le premier traité avec obligations bilatérales, dont nous connaissons le texte, est celui de Ramsès IT avec les Khétas. Il les à battus sans pouvoir les soumettre à sa domination; il conclut la paix avec

1 Cité par Revizcour, Lettre à Paturet, p. xxxnir.

2 Voyage d'Onou-Amon, pap. Golénischeff, 1. 68-69 (Gozéniscuerr, À. 77., XXI, 97; Masprero, Contes, 3° Ed., p. 200).

3 Lettre de Bournabouriach (Winekcer-Agez, T'hontafelfund, p. 3: Derarrre, Mariages princiers, Rev. Quest. Hist., 1892, LI, 232 ; Masrero, 7. Or., 1297un 2)

# Rois, III, À (Masrero, H. A., 333, 356).

5 Lettre de Douchratta (Bezozn-Bupce, T'ableis, n° 10, p. 24-25, 1. 13-82, et p. XLH-XLnI : Masrero, /. Or., II, 282).

6 Stèle de Bintrochit (Masrero, Contes, p. 218-222).

71 Métamorphoses, 1. XI.

eux par des promesses réciproques de bonne amitié et de bons offices'. Dans ce document officiel, les Égyptiens traitent d’égaux à égaux avec des étrangers : l'expérience à profondément modifié les idées d’une race! L'alliance dura’ pendant plusieurs générations: Khitisar vint en Égypte visiter son allié* ; une année que la disette sévissait sur les Khétas, le fils de Ramsès, Ménéptah Baïenrà leur envoya une cargaison de blé*, et les Khétas par reconnaissance se tinrent à l'écart de la coalition des peuples de la mer. Plus tard, Psamitik IV envoya même du blé aux Athéniens, et Hakori au roi de Chypre Égavoras de

Ramsès n’innovait pourtant point en traitant avec Khitisar : lui-même rappelle les traités antérieurs conclus entre Sét I‘ et Moutallou, entre Haremhabi et Sapaloulou”. Mais la xIx° dynastie suivait les errements de la xvmi°. Résultat imprévu des conquêtes et de l'extension de l'empire, la chancellerie des pharaons avait appris une modestie relative. La découverte des archives d’Aménôthès [IT et d’Aménôthès IV à Tell-el-Amarna* a révélé l’existence de rapports officiels suivis entre l'Égypte et les pays asiatiques. Aux princes voisins de l'Égypte, Syriens ou Phéniciens, Pharaon parlait comme un maitre, il écoutait leurs doléances, leurs dénonciations réciproques, et leur imposait ses volontés avec sa protection”. À raison des distances, les liens de vassalité

1 Traité de l’an XXI : Ramesséum et Karnak (Caampozrion, Mon. II, 195-204, 585, 586 ; L. D., IIT, 146 ; Brucscx, Rec., I, pl. 28; Gesch, 518-525 ; Bourianr, À. Tr., XIII, 153-160 et XIV, 67-70). Un exemplaire en cunéiformes a été trouvé par le D' Winckler à Boghaz- Kévi sur le Halys.

2 Cuasas, Mél., II, 151 ; Masrero, G. Ep., 102 ; A. A., 224-997, 955.

3 Stèle de l'an XXXIII (L. D., III, 496 ; Bourranr, R. Tr. XVIII, 164-166; MasPero, À. Or., I, 405-406. C£. L. D., III, 193, 1. 26, sqq.; Pap. Anastasi IL, pl. 1; IV, pl. vx, L. 79).

4 Karnak, mur de Ménéptah (Dümwricuen, H. 7n., 1, 3, 1. 24; Cuapas, ÆZt. p. 194).

5 Pap. Anastasi Il, ve, p. 5-6 (Caapas, Recherches, p. 95 sqq.; Enman, Æ. Z., 1879, p. 29 sqq.).

6 Parzocxore, p. 90, ap. #r. A. Gr. I, 398-369; Dronore, XV, 3.

7L. 5-7. Cf. Brucson, Gesch, p. 456-457: M. MüLLer, Asien und Europa, p. 39%; MasPero, 77. Or. II. 368 et 372.

8 En 1887. Cf. Perrie, l'ell-el-Amarna, p. 23-24; Wincxrer-Asez, Der Thontafelfund von El-A (Miüttheil. d. Museen su Berlin, 1889-90); Bezoun-Bunce, Z'he Tell-el-Amarna Tablets in the Brit. Mus. (bibliog., p. Lxxvu-xcur); Masrero, H. Or., II, 271-988: Morer, Au pays des pharaons, ch. 1, p. 49-87.

° Lettres d’Azirou et de Ribaddou, Abdikhipa, roi de Jérusalem, Abimilki, roi de Tyr, etc. CF. WincxLer (n. 31, 58, 72); Bezozn (n. 12, 43, 98, 30, 36,45) DeLaTrRE, Azsirou et Lettres de T.-el-A. (Pr. SBA, 1870, XIII et XV et Rev. Q. Hist. LIV, 354-382); ZIMMERN, Keilschrifibriefe aus Jerusalem; Mazkvx Corr. d'Aménophis III (Rev. Sémit, II, 20) Masrero, H. Or. II, 274-275.

Page 1